Journal de confinement à Barcelone - day 2

Hier, nous avons applaudi à tout rompre dans la nuit étoilée. Point de casseroles à nos mains cette fois, car il n’est plus question de faire libérer des prisonniers politiques mais de rendre hommage aux hommes et femmes qui sont en train de se battre, au péril de leur vie, contre notre ennemi commun.

Il était 22 heures. Tous, à nos fenêtres. Criant et battant des mains en cascade. 

Puis, les fêtes ont démarré, ça et là, dans les appartements restés occupés. Je croyais l’immeuble vide. Il n’en est rien. La moitié sont partis pour des campagnes voisines, certes, mais comme en plein mois d'août il reste toujours une poignée d’irréductibles. Quoi de plus réconfortant qu’une fête au dessus de soi pour sombrer dans les bras de Morphée. Ici quel que soit l’enjeu, la question, la réponse semble invariablement la même. La terre pourrait s’écrouler, il y aura toujours une petite bouteille de cava au frigo pour se consoler.

Aujourd’hui, nous allons braver ce qui demain sera un interdit : aller voir la mer. Un coup de vélo, ce n’est pas loin. Une plage se prête plus au football qu’un appart, croyez-moi.

Barcelone, dimanche 15 mars



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