mot de passe oublié
1 euro 15 jours

Construisez avec nous l'indépendance de Mediapart

Accédez à l'intégralité du site en illimité, sur ordinateur, tablette et mobile à partir d'1€.

Je m'abonne
Le Club de Mediapart mar. 27 sept. 2016 27/9/2016 Édition de la mi-journée

Antoinette Fouque – « La violence contre les femmes règne partout : banale, structurelle et mondiale ».

Pour Antoinette Fouque,  la misogynie est la haine universelle des femmes et c’est le premier de tous les racismes et le plus répandu car il vise la moitié de l’humanité. Si aujourd’hui, en France, une femme meurt toujours sous les coups de son conjoint ou ex-conjoint tous les deux jours et demi,  35% des femmes dans le monde subissent des violences de la part de leurs proches, indiquait l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en 2013. Aucun continent, aucun pays, n’est épargné. Mais ce qui était une épidémie cachée, il y près d’un demi siècle, est désormais connu, identifié, et combattu. Il y a des programmes, des rapports gouvernementaux, internationaux, une prise de conscience Récemment, il y a eu d’immenses manifestations en Inde contre les viols et meurtres de femmes et en Argentine,  où plus de 150 000 personnes ont défilé le 3 juin, à Buenos Aires et dans d’autres villes contre le féminicide au cri de « Pas une de plus » à la suite de plusieurs meurtres qui se sont succédés.

 

Pourtant, alors qu’Amartya Sen, prix Nobel d’économie en 1998, établissait dès 1991 que 100 millions de femmes manquaient à l’appel de la population mondiale, à cause de l’impact de l’inégalité des droits, rien n’a été fait à la hauteur de la situation et ce sont aujourd’hui 200 millions femmes qui ont disparu parce qu’elles étaient nées ou allaient naître femmes.  Un « gynocide » permanent - selon le terme d’Antoinette Fouque- qui se perpétue en permanence dans un silence presque absolu.


Pour accroître la prise de conscience et une action en conséquence, Antoinette Fouque, confondatrice du MLF a dans le même geste, en 1989, créé l’Alliance des Femmes pour la démocratie et l’Observatoire de la misogynie. Le viol avait été reconnu, en 1980, comme un crime dans le code pénal. Rappelons qu’Antoinette Fouque a créé en même temps que naissait le MLF, le groupe de réflexion Psych et Po pour penser les causes de la misogynie, le viol, l’inceste, le matricide, à la croisée, de l’intime et de la condition universelle des femmes.

 

Certes, « Les luttes des femmes ont fait progresser nos libertés, nos droits, mais la misogynie n’a pas désarmé. De l’oubli pur et simple de notre existence à l’agression insidieuse ou brutale, elle se manifeste partout dans la vie quotidienne, à la télévision, à la radio, dans les journaux, sur les murs… Ne laissons pas bafouer notre dignité. Soyons vigilantes et sortons de l’isolement », lisons-nous dans un texte paru dans « Depuis 30 ans des femmes éditent... 1974-2004 », (Éditions des femmes/Antoinette Fouque).


Ce blog « Observatoire de la misogynie » va revenir en détails sur les effets réels de cette « peste misogyne » qui s’enracine dans  « l’envie de l’utérus ». « Avant la haine et la peur, c’est l’envie qui fonde la misogynie, l’envie du mâle devant la capacité procréatrice des femmes », analyse Antoinette Fouque dans « Il y a deux sexes » (Folio Actuel, 2015).


Dans un temps où backlash et répression  déferlent contre les formidables avancées dans la condition des femmes et de leurs droits fondamentaux, il s’agit, encore et encore de lever le silence sur les crimes contre les femmes et leurs libertés, de faire prendre conscience de ce racisme anti-femmes. Dans cette tâche, il faudra identifier les exclusions, les discriminations, mettre en lumière les invisibilités, et lever les censures.


Aujourd’hui, la misogynie se déploie aussi sur les réseaux sociaux, sur internet en général, et dans la culture tous azimuts. Ce blog s’inscrit dans le droit fil de cette mission de lutte contre la violence réelle et symbolique qui continue de détruire les femmes, leur être et leur place. 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

L'auteur a choisi de fermer cet article aux commentaires.

Construisez l'indépendance de Mediapart

onze euros par mois

Souscrivez à notre offre d'abonnement à 11€/mois et téléchargez notre application mobile.
Je m'abonne

Le blog