Profession : Politique

Le principe politique actuel a vécu, l’abstention le prouve vote après vote.

Les derniers chiffres de l’abstention prouvent une fois de plus que la représentativité des élus français devient une mauvaise farce. Avec un président élu par un peu plus de 20 % des français en âge d’utiliser leur droit de vote, dont j’ai fait partie par principe républicain, on a touché le fond. Quand on voit ce qu’il a fait après les gilets jaunes et la conférence citoyenne pour le climat, j’aurai mieux fait de rester chez moi. C’est d’ailleurs ce que je fais maintenant, je ne vote plus. Il ne faut pas se méprendre, c’est un non-vote politique. Le vote blanc n'étant qu’indicatif, je ne vais pas allez dépenser de l’essence pour servir de faire-valoir à un banc de politiques prétentieux. Les élections sont basées sur les suffrages exprimés, donc pour déligitimer une élection et prouver qu’aucun candidat ne me donne envie de m’y intéresser, je ne m’exprime pas.

Le non-vote deviens l’arme de base du citoyen Français. Le politique est menteur par profession, voleur quelque fois, mais tout sauf imbécile. Une loi instaurant un minimum d’inscrit ayant votés ou prenant les bulletins blancs on considération pour valider une élection n’est pas près d’être votée, on ne scie pas la branche sur laquelle on est assis.

Le fond du problème, avec l’évolution de l’accès à l’information, c’est que le fonctionnement ancien de la politique ne peut plus marcher. Avant si vous aviez une information, vous pouviez la gérer à votre guise et l’utiliser pour un discours politique ou proposer une loi. Il fallait plusieurs années, voire plusieurs mandats pour constituer un réseau d’informateur et avoir un maximum de billes pour légiférer avec justesse. Vous pouviez aussi utiliser ces informations et ce réseau pour vous enrichir ou piéger un autre politique. Maintenant beaucoup de choses se voient et se savent, particulièrement les voltes faces des politiques. Combien de fois maintenant pouvons nous prouver qu’un politique dit tout et son contraire ? C’est presque quotidien.

L’autre pied tordu qui fait que notre politique est bancale, c’est ce que doit un politique. Quand vous voulez être élu en France, quel que soit le poste, vous devez faire campagne et vous faire connaître, vous et vos idées. Normal. Mais pour ce faire il faut de l’argent. Donc vous allez voir vos amis et ils peuvent vous aider à financer votre campagne à concurrence d’un plafond réglementé. Mais une fois élu, vous leur devez moralement cette élection en partie et quand ils viendront vous voir parce qu’ils ont un problème, vous saurez dire non ? Sachant qu’en plus il y aura d’autres élections ...

C’est dans ces réélections que réside le troisième pied bancal de notre édifice politique de la 5ème république. On parle de « Carrière Politique ». C’est devenu un oxymore. C’était cohérent avant internet pour le réseau d’information que j’ai évoqué, ce n’est plus le cas. Des millions de Français peuvent donner leur avis maintenant. Le devoir moral de réciprocité génère des affaires et un rapport du politique à l’argent qui le conduit souvent au Tribunal. Sans parler des présidences de SEM et autres PPP qui permettent aux politiques menteurs de gagner bien plus que ce qu’ils sont obligés de déclarer. Il faut donc revoir les choses en profondeur.

Une bourse d'élection versée par l'état pour chaque candidat, pas de financement tierce, prise en charge de plateformes numériques.

Un élu, un mandat, une seule fois. Si vous avez la fibre politique, vous pouvez travailler plus de 40 ans en politique en changeant de mandat. Salaire et emploi garanti : lorsque vous êtes élu, votre employeur embauche un autre salarié pour vous remplacer avec un contrat de travail à concurrence de la durée de votre élection et vous reprend ensuite. Si vous êtes libéral vous vous faites remplacer. Votre salaire reste le même, pris en charge intégralement par l’état qui prend également à son compte les frais de fonctionnement de la charge de l'élu, à redéfinir. Plus d'indemnités, plus d’enveloppes globales pour gérer un cabinet ni de caisses privées (assemblées par exemple). Mise en place d’une liste de moyens à accès gratuit (transports, logement, repas, bureaux et staff). Retraite basée sur la rémunération de l’emploi conservé. 

Et pour contrôler tout cela, une instance citoyenne tournante tirée au sort sur la base du volontariat. Les moyens numériques actuels permettent de créer et maintenir une base citoyenne où chacun peut se présenter et se proposer pour cette sorte de service civique. Même principe de rémunération et droit qu’un élu. Trois de ces citoyens seront le cabinet rapproché de chaque élu décideur, maires, présidents généraux et régionaux, députés, sénateurs, ministres régaliens et président. Mission de contrôle d'éthique et de transparence d’un an maximum avec droit de veto momentané sur une signature avec justification. Je pense qu’avec le principe d’un mandat une seule fois et à la fois, ce contrôle citoyen ne sera pas utile longtemps, difficile de magouiller si vous devez changer de poste à chaque fois. Tout ceci est à réfléchir et encadrer mais urgent, il est peut-être déjà trop tard pour changer de république. Les catastrophes climato-sociales annoncées des 30 prochaines années risquent d’être utilisées par certains dirigeants pour asseoir des régimes totalitaires ou publier des règlements liberticides avec bonne conscience et raison d’urgence. Nous sommes en France et pourtant nous avons accepté de rester enfermé chez nous plusieurs semaines sous risque d’amende, et ce ordonné par un comité de sécurité qui n’a aucune valeur constitutionnelle ! Très fort non ?

Voilà, que ce billet soit lu ou pas, écrire et/ou lire permet de réfléchir

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