Kontrol chômeur

Premier contrôle chômeur dans un TER

Le TER traverse le vignoble blanchi par la neige qui tombe quand le jour se lève. La rame est silencieuse, une bonne partie de l’effectif est encore à sa nuit; la tête posée sur ma main, accoudé au rebord de la fenêtre, je voudrais bien m’assoupir et dormir quelques minutes de plus. Le paysage cotonneux défile.

- Contrôle papiers s’il vous plait ! Castaner en tenue de contrôleur Sncf répète méchamment sa demande : « Papiers Monsieur, section contrôle Pole Emploi chômeur de plus de cinquante ans »

Je reste sans voix, qu’est-ce qu’il fait là; je sors de mon portefeuille mon permis et le lui tends.

- Quand je dis papiers Monsieur, je vous demande tous les documents susceptibles de prouver que vous êtes bien en recherche d’emploi, et non pas en vacances aux frais de la princesse Unedic.

- Mais je suis dans le train, je vais travailler, j’ai un CDD de quatre semaines.

- Ca fait un moment qu’on vous surveille, pas d’histoires « chômeur 73864110 ».

Sortant de je ne sais où, le bonhomme vert Cetelem accompagné de Muriel Penicaut habillée en pot d’Actimel, m’attrapent et m’extirpent de mon siège; je hurle mais personne ne bronche, les voyageurs semblent tous dormir.

- De Castaner au conducteur : « Je demande l’ouverture de la porte gauche du wagon N°2 », hurle-t-il dans un talkie-walkie.

Le bonhomme vert et la bouteille d’Actimel me trainent dans le wagon, je suis incapable de bouger.

- Allez feignasse dehors !

Je sursaute au contact de l’air froid qui s’engouffre dans la rame à l’ouverture des portes dans un râle pneumatique. Nous sommes en gare de Nantes, il est 6h48; « bordel j’ai encore 45 mn de tram pour arriver au restaurant » !

 

 

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