Le cerveau, un astre électrique

Le présent article n’a pas la prétention d’émettre une vérité ou une idée. Il a juste la volonté d’émettre un doute, et de partager une question. Pour moi le doute permet la question, et la question créé l’espace de la réflexion. Alors je voudrais douter avec vous. Je vous parlerais de psychiatrie. C’est un truc qui – pense-je – concerne tout le monde.

Je vous parlerais de psychiatrie. C’est un truc qui – pense-je – concerne tout le monde, en effraie beaucoup, un truc incompris car trop muet.

Je ne suis ni expert du cerveau, ni médecin, juste un petit biologiste. Avec cependant une certaine sensibilité pour cet organe mystérieux, j’ai vu beaucoup de maladie du cerveau, neurodégénérative comme Alzheimer et Parkinson, ces maladies qui détruisent l’identité des personnes et les font mourir dans une spirale de détresse et de solitude ; des schizos errants dans la rue, qui voulaient blesser des quidams, seuls contre tous ; des dépressifs dans les services psy, suicidaire depuis 30ans ; des traumatisés ; des bipolaires fatigués. Mais j’ai vu aussi des patients guérir, des baises-mains, des mercis, des larmes au yeux, des toxicos sevrés car ils n’avaient plus peur de qui ils étaient. La psychiatrie c’est tout ça pour moi. Dans une normalité pourtant si floue, les délires des uns sont la réalité des autres.

La psychiatrie franchement, c’est le cerveau.

Le cerveau c’est un organe bizarre, à la fois chimique et électrique:

– Chimique, parce que le cerveau c’est des cellules, surtout des neurones. Avec tout ce qu’il faut dedans, une membrane de lipide, des protéines, de l’ADN, des ions, etc...

– Électrique, parce que de part et d’autre de sa membrane qui le définit sa forme caractéristique, il y a une répartition de ions. Ces petit atomes portant une charge électrique, vont pouvoir via des canaux protéiques, aller et venir comme des vagues entre l’intérieur et l’extérieur du neurone et créer un courant électrique. Le courant électrique se propage très vite le long du neurone et s’arrête à la synapse, qui va libérer des neuro-transmetteurs, messagers entres les synapses, qui feront ou non un nouveau courant électrique dans le neurone d’à-côté. En gros…

Et c’est un peu à partir de tout ça qu’on réfléchit, et c’est grâce à ça qu’on peut apprendre des choses, qu’on est ou pas normal, qu’on est ou pas malade.

Psychiatre c’est « Psy » : âme ou esprit, et « -iatros » : médecin. Le médecin de l’âme.

Pour essayer de guérir le cerveau, on peu donner des médocs. Pleins de médocs. Mais la maladie est rarement quelque chose d’absolue. Ce n’est pas binaire, blanc ou noir, ce n’est pas comme un clavier de piano, mais plus comme un violon. Où il faut trouver l’endroit précis où ça sonne juste. Les médicaments sont comme une grosse main qui tentent de jouer sur ce petit violon, parfois appuient sur plusieurs cordes.

 

Parfois les médicaments ne marchent pas, sont agressifs, les cordes cassent. Comment guérir l’esprit par sa matière ? Les médicaments c’est de la chimie, mais on peut avoir une autre approche.

En psychiatrie, la nouvelle Harley-Davidson c’est l’électricité.

Vous avez vu vol au dessus d’un nid de coucou ? Pour les psychiatres c’est une sacré daube, même si c'est un super film, dans la culture populaire c’est un poison. Un poison parce que les gens pensent qu’on les passe au grille pain avec les électrodes. Et ne veulent pas en entendre parler. C’est pas vrai, en tout cas ça ne l’est plus, et je l'ai vu de mes yeux. La dépression c’est pas un cadeau, 1/4 des personnes dans leurs vie feront une dépression et expérimenteront ce que c’est de ne plus avoir goût à rien, ne plus avoir faim, ne plus avoir envi de se lever, ne plus dormir, ne plus rire et ne plus pleurer. Ne plus sentir le vide de l’existence ou le sentir trop. Parfois elles seront tristes, trop tristes, d’une tristesse sans raisons, elles seront mélancoliques, et parfois la solitude de leurs douleurs leurs feront en finir. Et parfois on voit assises comme des ombres dans un coin des salles d’attentes des personnes avec des bandages sur les avant-bras. Et on ne dit rien, mais on sait qu’elles reviennent de loin. Et surmonter cette tristesse en fait des héros. Les médicaments ne font pas toujours effets, et le derniers rempart avant la résignation que seule l’issue fatale les libérera, c’est les électrodes.

En faits, on endort le patient, on trouve le seuil minimum nécessaire pour créer une petite crise d’épilepsie, d’en général 1min, pendant lequel le cerveau, après avoir pris le jus, va faire du courant électrique dans tous les sens. Le black-out total, et tu sens rien . Et le moment clef, celui ou naît l’espoir du toubib de guérir sont triste patient, c’est quand il voit sur ça petite machine le cerveau se repolariser. Quand la repolarisation est belle, c’est que tout le cerveau se rallume en même temps, que tu appuie sur ton ordi pour le rallumer après un bug et qu’il redémarre avec le petit « bip », et hop chargement, tu arrive sur le bureau.

Parfois il y a 1 séance tous les jours pendant un semaine, parfois un peu plus de semaines. Et souvent ça marche. Parfois non et là c’est relou parce qu’il n’y a pas encore de solution. Un mal pour un bien.

L’électricité c’est pas que le coup de jus des enclos pour garder les vaches et les cheveux en pétards. C’est aussi les piles de la lampe torche qu’on prends pour chercher ses clefs de voitures, ou les fourmis dans la langue quand on fait le contact entre les deux bornes d’une pile 9V.

On fait pareil en psy, ça s’appel la tDCS, stimulation transcrânienne à courant discontinue. En gros on fait passer un courant équivalent d’une pile au travers de la tête. Ça gratte un peu au début, mais ça s’estompe rapidement. En fonction du sens du courant et de la zone traversée, on stimule ou inhibe certaines aires cérébral. Avec ça on essaye de traiter la dépression, l’alcoolisme, etc.… Dans les pays de l’est certains toubibs soignent l’alcoolisme qu’avec ça.

 

L’entre-deux si je puis dire, c’est la rTMS, la résonance Magnétique transcranienne. On s’allonge sur un fauteuil genre dentiste, et le toubib met une bobine à un endroit sur la tête. Là il faut être quand même assez précis sinon ça ne marche pas. On cherche d’abord l’aire motrice, pour trouver le seuil d’excitabilité du cerveau. Je m’explique : il y a un phénomène physique, les lois de Lenz-Faraday, qui disent qu’un courant électrique créé un champs magnétique perpendiculaire, et inversement. C’est le principe de l’électro-aimant, et des freins d’un train japonais qui va très vite. Donc un champ électrique créé un champ magnétique et inversement.

Là pour l’histoire du seuil d’excitabilité, on cherche le minimum d’électricité a envoyer dans la bobine, pour que celle-ci créée un champ magnétique qui va déclencher le potentiel moteur du cerveau. Vous vous rappelez j’avais dit plus haut que le cerveau était un organe électrique ? On y est.

Le champs magnétique produit par la bobine, va traverser le cuir chevelu, l’os du crâne, les couches de tissus protecteurs et nourriciers qui entourent le cerveau puis le cerveau lui-même. Le champ qui se propage est assez précis et va exciter, comme on dit, les neurones qu’il va traverser. Le champ magnétique va se transformer en courant électrique. Toujours dans le potentiel moteur, le courant va se propager tout le long du nerfs, jusqu’au doigt. Le message va se transformer en potentiel mécanique, le muscle va se contracter : le doigt va bouger. On a le seuil minimal d’excitation, propre à chacun. Et ça ne fait pas mal.

Ensuite on place la bobine sur la zone d’intérêt du cerveau, par exemple pour soigner un Trouble Obsessionnel Compulsif (TOC), ou d’autres problème genre la dépression. Et on va soit l’inhiber, soit l’exciter localement. Pour être moins évasif, il y a la notion de fréquence, les Hertz, ou Hz, c’est le nombre de fois que se produit un événement dans le temps. L’électricité ça se représente comme des ondulation, avec un +1 et un -1, merci de corriger mon inexactitude je ne suis ni physicien ni mathématicien.

Le cerveau à 1Hz il s’inhibe, c’est à dire qu’on peut l’empêcher de trop se dépolariser, c’est un effet recherché dans certaines pathologies, telles que les douleurs chroniques .

Par contre si on met des fréquences hautes, des ondulations avec beaucoup de +1 et -1 dans un moment de temps court, ç’a plutôt un effet stimulant. À partir de 5 ou 10 Hz, c’est considéré comme haute fréquence. Là on s’en sert donc pour stimuler le cerveau, la dépression par exemple, est une cible de ce type de traitement. Alors j’ai bien soigneusement évité les détails pour éviter la confusion, le temps de répétition de la stimulation, si c’est répétitif ou continue, etc...Je voulais juste énoncer des principes. La recherche avance mais on est pas encore au point sur tout dans ce domaine car c’est encore trop exotique, on ne connaît pas les effets sur toutes les maladies, notamment chez les psychotiques qu’on évite de trop stimuler électriquement car ça peut entrainer des crises délirantes, de même dans les effets au moyen terme il y a notamment la création de nouvelles synapses comme avec les antidépresseurs, et au long terme il n’y a aucuns effets connu, on ne sait pas si ça change l’ADN comme les UVs ou d’autres petits inconvénients comme les cancers .

 

Maintenant je vous faire part de mon doute, car celui qui sait que la 5G n’aura aucune incidence sur l’humain est sans doute un génie et devrait partager son savoir du monde aux académies de médecine, du reste : de ce que je comprends on va utiliser des bandes de fréquences entre 600 MégaHz et 28GigaHz. Qui vont nous traverser en continue, qu’on soit aux toilettes, au boulot ou entrain de dormir. Est-ce qu’on va cuire ? Est-ce qu’on va tous être sous antidépresseur et dans ce cas la sécurité sociale devrait prendre en charge l’intégralité du déploiement de la 5G ?

Je n’arrive pas à trouver les essais cliniques qui prouvent leurs innocuité.

 

 

 

Vous trouverez ici deux articles en accès libre ce jour, sans pouvoir témoigner de leur sérieux il mettent néanmoins en avant ce qui se joue d’un point de vu médical :

 

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5846193/

 

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3428632/

 

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