LVMH face à l'impôt

Les  actionnaires de LVMH peuvent être satisfaits des résultats records de leur groupe pour 2018 annoncés ce 29 janvier et salués le lendemain en bourse par une progression du cours du titre de 6,87%,forte augmentation instantanée assez rare s'agissant d'un poids lourd du CAC 40, pour être signalée. Il n'en est pas de même pour le contribuable français qui peut s'interroger sur la part de l'impôt payée en France par LVMH, même si ce montant s'élève à 1,25 milliard d'euros pour 2018. Dans sa présentation, le PDG d'LVMH s'estime bon contribuable français en étant redevable de 50% du montant total de l'imposition due par son groupe alors que la France ne pèse que 10% de son chiffre d'affaires mondial s'élevant à 46,8 milliards d'euros en 2018. De fait, LVMH délocalise une partie de ses profits dans les pays où son groupe bénéficie d'un taux d'imposition moins élevé qu'en France. Bien sur, ses actionnaires au premier rang desquels la famille Arnault principale actionnaire, sont bénéficiaires d'une baisse d'impôt ainsi obtenue dont le montant augmente d'autant les résultats de leur groupe. Alors que des voix s'élèvent de plus en plus pour que les présidents des grands groupes français paient leurs impôts en France à l'écart des paradis fiscaux, quitte à ce que cette obligation face l'objet d'une loi, l'Etat se doit d'avoir la même exigence pour que les grands groupes français revoient leur position fiscale de façon à rapatrier en France la totalité de leurs centres de profits évitant ainsi que ceux-ci échappent partiellement à l'impôt en France.

L’argument du PDG de LVMH pour justifier de son patriotisme économique en  rapportant la part de son impôts payable en France de 50% à la part de 10% de son chiffre d'affaires réalisé dans son pays est fallacieux et relève du fait du prince. En ces temps de grand débat nationale, alors que la politique d'aide sociale du pays est remise en cause par manque de nouvelles recettes fiscales, la réponse de l'Etat se doit d'exiger, y compris par l'usage de la loi, que les  groupes qui font la richesse de notre pays se plient à plus de justice fiscale vis à vis de l'ensemble des citoyens assujetti à l'impôt, en élisant la France pour le règlement du montant total de leur impôt, participant ainsi au redressement de notre déficit budgétaire.

Faut-il rappeler que le prestige de la marque LVMH, 1ère entreprise mondiale du luxe, doit aussi une part de sa notoriété au label France!

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