Macron, Bouteflika même combat

Et si dans l'art de gouverner Emmanuel Macron avait pris pour modèle Aldelaziz Bouteflika? Le renvoi de l'ancien colonisé à l'ancien colonisateur, l'arroseur arrosé.

Depuis quelques jours le pouvoir qui gouverne l'Algérie a été pris au dépourvu face à un mouvement de contestation du peuple algérien à l'annonce de la candidature du président Bouteflika pour un 5ème mandat après avoir été à la tête de l'Etat depuis 1999. La première réaction face à ce vent de révolte à été le silence tant de la part des autorités que des médias. Puis, devant la poursuite des manifestations dans une vingtaine de villes, de la Méditerranée aux portes du désert, il y eu une tentative de minimiser l’événement en annonçant que quelques centaines de milliers de manifestants ne faisaient pas une élection, rappelant que la population algérienne s'élevait à 40 millions d'habitants. Nous en sommes là à quelques semaine de l'élection présidentielle.

En France, Macron et son gouvernement ont été totalement surpris et décontenancé par le soulèvement des gilets jaunes revendiquant le raz le bol des prélèvements fiscaux couplé avec l'injustice sociale et la faiblesse du pouvoir d'achat. Pris de peur, Macron et son gouvernement ont tenté de pacifier cette jacquerie frisant l'émeute après l'avoir réprimée sans ménagement en équipant les forces de l'ordre d'armes offensives condamnées par la commission européenne. Répression qui s'est soldée par des milliers de blessés, des mains arrachées et des visages éborgnés du coté des gilets jaunes.Répression dont n'a pas fait usage jusqu'ici l'autorité algérienne. Aujourd'hui, se ressaisissant Macron et son gouvernement comme Bouteflika où plutôt ses faire valoir minimisent l'ampleur du mouvement des gilets jaunes qui après 14 samedis de suite de défilés dans les rues des principales villes du pays ne rassemble plus que 50 000 manifestants, ce noyau dur ne pouvant représenter une population de 67 millions. Macron renvoie les gilets jaunes à son grand débat et au verdict des urnes à commencer par celui des élections européennes en mai prochain.

Macron n'a pas renoncé à son ambition de réformer la France en s'attaquant aux conquêtes sociales et aux institutions de la 5ème République. Il veut la peau du Sénat après celle des gilets jaunes, puis réduire la représentation parlementaire, lui laissant ainsi les mains libres pour s'installer durablement à la tête de l'Etat en révisant la Constitution afin de lui laisser le champ libre pour renouveler son élection à la présidence de la République à l'image des 4 et peut-être 5 mandats de Bouteflika. A nous de crier le moment venu comme les Algériens "la République n'est pas un royaume". Comprenez que je plaisante mais à moitié!

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