Autant en emporte le vent

Ce samedi sur France Culture, "Le tournant de l'écologie" était le titre de l'émission d'un homme de radio et philosophe bien connu, sujet dont il s'entretenait avec deux condisciples. L'écologie fut l'occasion de citer Chateaubriand, Victor Hugo et Valéry dans de belles envolées lyriques. Le meneur de jeu dans ces échanges mêlant philosophie et écologie, trouva ainsi l'occasion de lire une lettre adressée au président de la République à laquelle il avait accepté contre son habitude, d'apposer sa signature aux côtés d'autres pétissionnaires. L'objet en était de protester contre la prolifération des éoliennes, ces pylônes en acier équipés de pales gigantesques dont les alignements gâchaient les paysages de notre beau pays, de ses plaines céréalières aux collines provençales et au delà fort loin des rivages sur l'océan. Ce fut l'occasion d'un échange de bons mots car si le vent est une énergie renouvelable, il n'en est pas de même de nos nouveaux moulins à vent qui devenus hors d'usage ne seraient plus que de la ferraille abandonnée. Mais le débat en resta là.

Afin de limiter la production de gaz à effet de serre, la France a fait le choix du nucléaire avec la construction de 58 réacteurs répartis dans 18 centrales qui ont assuré 72%de notre production d'électricité en 2018contre 5%pour les centrales éoliennes. Une première remarque s'impose, la ferraille est recyclable dans la mesure où l'industrie se donne les moyens d'en faire le minerai des hauts fourneaux pour en couler de l'acier. Les réacteurs nucléaires dont l'uranium est le combustible produisent, jour après jour, des déchets très radioactifs et non recyclable dont les volumes s'entassent dangereusement sur des aires de stockage dans l'attente d'un hypothétique enfouissement géologique comme à Bure dans la Meuse. La radioactivité de ces déchets durables, même enfouis, inspire des craintes tout à fait justifiées de la part des riverains de ces zones de stockage. EDF projette de réduire la part du nucléaire dans son mix énergétique, faut-il encore obtenir un consensus sur la poursuite du développement de l'éolien et il sera difficile pour notre président de la République de donner une suite favorable à la supplique de notre philosophe.

Philosopher sur l'écologie nécessiterait d'en parler à bon escient. Les noms de nos trois philosophes sont Alain Finkielkraut, Régis Debray et Olivier Rey. 

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