La confession d'un homme libre

J'appartiens à la génération de la guerre d'Algérie, celle des appelés mobilisés pour une guerre coloniale injuste et meurtrière. Je n'ai été ni gaulliste, ni socialiste, tout au plus un homme de gauche par respect pour ceux qui en son sein ont oeuvré pour une société socialement plus juste. J'ai voté pour Emmanuel Macron non pas pour son programme électoral peu accrocheur pour moi, mais pour m'opposer à l'électorat lepeniste porte flambeau des idées passéistes de l’extrême droite. Emmanuel Macron a été élu Président de la République par défaut. La classe politique et sa représentation traditionnelle étant incapables de lui opposer un candidat tant soit peu crédible. Cent jours après sa prise de fonction l'homme est fragilisé. Après avoir pour reprendre la formule d'un quotidien, marché sur l'eau grâce à l'international et au régalien, ses thuriféraires vantent la parole retrouvée de la France sur la scène internationale pour peu qu'elle ait été perdue. La majorité de ses électeurs ne l'a pas élu à cette fin. Emmanuel Macron est attendu sur le front de la lutte contre le chômage qui fait appel à d'autres ressources que la révision du code du travail et en première ligne a plus d'Europe. Toutes les forces du pays doivent être rassemblées dans ce seul but. De quelle expérience dispose Emmanuel Macron un temps homme lige d'une banque d'affaires pour engager le pays dans des guerres aux relents colonialistes. C'est le cas de la présence des troupes françaises au Mali et au Niger voire au Tchad aux prises avec la révolte de la société touareg. Ces conflits relèvent de la responsabilité d'un seul pays l'Algérie dont la parole s'est faite si peu entendre jusqu'ici. Sachons raison gardée et mesurer notre rôle diplomatique dans nos anciennes colonies d'Afrique à travers une seule voix, celle de l'Europe, avec une priorité, la protection des ses frontières. Il en est de même de la politique migratoire sur le front de la Méditerranée. Sachons être solidaires avec nos voisins les plus engagés au nom de l'Europe.

En attendant souhaitons au Président de la République plus de réussite pour convaincre des Français que ses premières initiatives pour reconstruire le pays sont les bonnes. 

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