Radio France, péril en la demeure

La citadelle de la libre information sur les ondes est assiégé. L'assaut vient de l'exécutif et vraisemblablement du sommet de l'état. Alors que la presse indépendante pour s'exercer librement c'est-à-dire sans publicité demande plus de moyens, la tutelle de Radio France lui demande un programme d'économies importantes sur ses effectifs et son budget de fonctionnement. Pour s'opposer à ce plan, les syndicats de la Maison de la Radio, avec en tête la CGT majoritaire ont répondu par la grève. Depuis plus de deux mois, des grèves perlées se succèdent de jour en jour privant les auditeurs de France Inter, France Info et France Culture de l'une ou l'autre de leurs émissions alors que les journaux d'information fournissent le service minimum. Face à cette situation totalement bloquée, la direction de Radio France ne fournit aucune explication, aucune justification à ses auditeurs et encore moins un débat digne de ce nom entre journalistes et intervenants extérieurs. Il faut donc s'en prendre au chef de maison Sibyle Veil. Cette haut fonctionnaire nommée présidente directrice générale de Radio France par le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel en avril 2018 fait partie de la génération d'Emmanuel Macron avec lequel elle partage la même arrogance du pouvoir. En effet, cette dame manque à tous ses devoirs ne manifestant que mépris à l'égard de son public sur Radio France et le même mépris à l'égard de ses salariés en grève. Jusqu'ici elle est restée totalement silencieuse, totalement indifférente aux droits de ses auditeurs et payeurs comme contribuables à ne pas être coupé en permanence de l'accès à leurs chaînes de radio préférées. À l'inverse, elle ne fait rien à l'évidence pour trouver un compromis avec les grévistes comptant uniquement sur leur usure pour démontrer à l'exemple du président de la République qu'elle est droite dans ses bottes pour imposer sa réforme tout en portant atteinte à un service public.

Il n'y a pas deux poids, deux mesures pour juger l'efficacité de l'action de Sibyle Veil. Soit elle est incapable de trouver une porte de sortie honorable pour toutes les parties à cette grève dont nous ne voyons pas la fin et elle doit donner sa démission, soit l'exécutif lui interdit tout approche de compromis avec les grévistes et elle doit pour son honneur rendre son tablier. 

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