VGE, plutôt en rire que pleurerIl

Il ne s'agit pas ici de sourire avec le rappel des facéties de VGE pour regagner un brin de popularité auprès des Français. Souvenons nous de VGE accordéoniste, le président invitant à l'Elysée les éboueurs pour un petit déjeuner, le président s'invitant à dîner non pas dans la bonne société mais chez des Français de la classe moyenne. Notre propos ici est d'apprécier ce qui le rapprocherait ou l'éloignerait de ses successeurs dans la fonction présidentielle.

Le matin du 3 décembre à l'annonce de son décès dans les Matins de France Culture, les présentatrices des journaux ne se sont pas fait faute de rappeler il y a quelques mois encore la main baladeuse de VGE sur les fesses d'une journaliste. Je n'ai pu m'empêcher de penser que ces jeunes femmes militaient dans le mouvement #Me Too,mais là ne s'arrêtait pas la publicité faite au rôle de séducteur de VGE. Nous apprenions qu'auteur de plusieurs romans pour se faire un nom dans la littérature, l'un d'eux avait soulevé l'intérêt de la presse People des deux côtés de la Manche car il portait le titre de la relation d'un président avec Lady Di, la princesse Diana, au point que VGE avait dû avouer que la vérité ne rejoignait pas la réalité. Cette fausse romance amusa les Français, du moins ceux qui se penchèrent rigolards plus tard sur la double vie familiale et affective d'un Mitterrand vieillissant et se cachant, et sur les escapades en scooter de François Hollande courant le guilledou.

Une même arrogance dans le déni de justice rapprochera de VGE tant Chirac que Sarkozy. Ainsi après la révélation du Canard enchaîné sur la plaquette de diamants reçu en cadeau de l'empereur Bokassa, VGE réagi par le mépris, avant d'être condamné pour des emplois fictifs à la mairie de Paris Chirac avait pris les devants traitant l'information d'abracadabrantesque,et cette semaine Sarkozy s'adressa au tribunal à l'ouverture de son procès sur les écoutes en qualifiant d'infamies les accusations portées sur lui. 

Avant Mitterrand, VGE s'est affranchi "du monopole du cœur" en refusant d'abolir la peine de mort, refusant encore de se déjuger Vingt ans plus tard. Il est vrai que Mitterrand prit sa décision sous l'influence de Robert Badinter son ministre de la Justice.

VGE fut un grand Européen, un réformateur défenseur de la cause féminine, mais peu brillant dans sa politique à l'égard de la Françafrique. Nos médias nous disent que si les disparitions de Chirac et Mitterrand firent pleurer leurs partisans, celle de VGE souleva peu d'émotion, mais son souvenir après sa mort ne laissera aucune trace de détestation ce à quoi Macron de son vivant n'aura pas échappé même s'il se veut son digne successeur tout en faisant de VGE le second grand président de la 5ème République derrière de Gaulle.

Deux gestes au moins rapprochent VGE de De Gaulle, leur refus d'obsèques Nationales ce qui privera encore Macron de s'autoglorifier par ruissellement. 

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