BURE, une histoire sans fin

Entre 1977et 1997,la France a construit 58 réacteurs nucléaires répartis dans 18 centrales sur le territoire. Leur production de déchets radioactifs et très radioactifs est refroidie en piscines avant d'être entreposée à l'air libre. C'est une situation d'attente car les déchets les plus radioactifs qui ont une durée de vie de plusieurs centaines de milliers d'années doivent être mis en sûreté. À cet effet, l'Andra ( agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) s'est fixée deux projets d'enfouissement de ses déchets en couche géologique à 500 mètres de profondeur dans des coffrages en béton, à savoir dans un site argileux à BURE dans la Meuse et granitique à la Chapelle-Bâton dans le Sud Vienne. Il a été procédé à deux enquêtes publiques à la suite desquelles Chapelle-Bâton a été abandonné pour cause de fissures dans le granit. Rappelons que l'enfouissement est une situation dite d'attente dans l'espoir plus ou moins illusoire de développer une solution plus appropriée pour la destination de ces déchets.

Le projet Cigeo de BURE est contesté par les antinucléaires et une partie des riverains sans pour autant que d'autres riverains y soient favorables pour l'intérêt des dédommagements financiers promis. Jusqu'ici, toute décision finale pour la réalisation de ce projet a été reportée. Le président Macron touche à tout des affaires publiques s'est réservé de s'engager sur le projet de BURE dans l'attente d'un second mandat, au point que le président de l'ASN ( autorité sûreté nucléaire) a mis en demeure les autorités concernées de mettre en œuvre le projet Cigeo de BURE alors que les sites de stockage approchent de la saturation. Cette situation est d'autant plus préoccupante qu'EDF a prévu d'allonger la durée de vie de ses réacteurs de 40 à 60 ans, que l'EPR de Flamanville, réacteur encore plus puissant, doit être mis en service prochainement et que le président d'EDF Jean Bernard levy souhaite que l'Etat s'engage dans la construction de plusieurs EPR

La France championne Mondiale du nucléaire s'est engagée à corps perdu dans cette filière sans en disposer de toutes les clefs, et la mise à l'abri pour une quasi éternité de sa production de déchets très radioactifs relève d'une histoire sans fin. Cette situation relèverait de l'ubuesque si ce n'était la gravité du problème laissé aux générations futures. 

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