La voix comme identifiant

France Culture a perdu cette semaine une grande voix que j' apprécie pour sa courtoisie, la simplicité dans le dialogue et l'emploi de mots justes. La présidente de la chaîne en signe de remerciements pour cette perte a convoqué sur l'antenne la veille de sa der de ders trois  voix connues pour déclarer qu'elles lui restaient fidèles. Cet incident a suscité en moi un intérêt tout neuf pour l'écoute que j'ai ou que j'ai eu jusqu'ici de la voix de nos présidentiables pour 2022.

A tout honneur tout seigneur, Emmanuel Macron s'exprime officiellement dans un langage châtié où tous les mots sont pesés avec des phrases bien ajustées qui attirent sur lui l'admiration d'un bon public qui au final ne retient rien ou peu de choses de ses déclarations. Lui qui célèbre en de Gaulle son modèle devrait se retourner sur les allocutions de cet homme d'expérience dont l'expression était martelée par des mots de l'ancien monde qui frappaient les esprits pour être retenus. Dès les résultats des régionales connus, trois présumées figures de la droite traditionnelles ont offert leurs services à la République en des termes d'une banalité et d'une médiocrité affligeantes. À gauche, nous avons eu droit au parler haut et fort de l'homme de la France Insoumise, slogan bien emphatique, vociférant pour faire croire qu'il est la gauche de la gauche, au point de nous faire regretter du moins pour les plus anciens d'entre nous le boniment d'un Georges Marchais. Dans cet aréopage de candidats, une voix et elle est féminine sinon féministe connaît un succès de tribune à l'égal de son père dont elle a hérité du Front National. À la fois caline et rassurante en dépit de ses propos provocateurs, sa riposte le soir du 1er tour des régionales nous a révélé chez elle son vrai visage du faux semblant. Elle a fustigé ses troupes comme un adjudant de caserne.

De cette expérience sans suite jusqu'ici sauf à mentionner les professions de foi inaudibles des défenseurs de l'environnement, j'ai retenu deux leçons. La première est qu'il ne faut rien attendre comme on le sait des discours préelectoraux dont tous ces premiers de listes des anciens partis ou nouveaux venus fantoches vont nous abreuver, mais qu'il faut s'intéresser à la qualité de leurs voix dans la façon de s'exprimer. La seconde est que la meilleure école pour eux serait de se mettre à l'écoute des grandes voix de la radio qui sans l'image de la télévision font qu'elles nous fidè lisent  pour le meilleur qu'elles nous apportent jour après jour, mois après mois, année après année. 

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