Cinquième République, constat d'un échec

De Gaulle après sa traversée du désert a été propulsé au sommet de l'état en 1958 par l'échec de la Quatrième République à solder la présence française en Algérie. La constitution de la Cinquième République a mis fin à notre régime parlementaire hérité des Troisième et Quatrième République. La chambre des députés, représentation parlementaire du peuple, était la source de pouvoir avec l'élection d'un chef de gouvernement issu d'une majorité de droite ou de gauche. La nouvelle constitution a rendu le pouvoir au peuple souverain avec l'élection du chef de l'état au suffrage universel, le parlement n'étant plus qu'une chambre d'enregistrement. L'ambition du général était de mettre fin à l'instabilité gouvernementale sous la Quatrième République paralysant régulièrement la marche du pays. L'objectif fut atteint. L'exercice du pouvoir par de Gaulle a été d'une durée de 11ans,celui de Giscard de 7ans, de Mitterrand de 14ans, de Chirac 12ans et de Sarkozy et Hollande 5ans.La France s'est-elle mieux portée pour autant ? En politique extérieure, de Gaulle fort de son prestige n'a pas rendu à la France le poids qu'elle avait sur la scène internationale avant la défaite de 1940. En politique intérieure, Mitterrand n'a pas fait mieux que Le Conseil National de la Résistance dont nous avons hérité toutes nos lois sociales de l'après guerre. Il n'a pas fait mieux dans le social que ses prédécesseurs. Mais aucun des présidents de le cinquième République n'a gouverné le pays contre l'opinion avec un taux d'impopularité aussi élevé que celui auquel est exposé Emmanuel Macron.

A mi mandat, ce dernier a décidé une fois pour toute d'imposer sa réforme des retraites envers et contre toutes les oppositions. Jour après jour, des intervenants qualifiés au rang desquels des économistes de tous bords dénoncent l'absence de visibilité de cette réforme pour l'avenir des futurs retraités. Sous sa férule, le Premier Ministre s'exécute avec une majorité parlementaire aux ordres et se refuse à tout compromis de réelle portée avec les corps intermédiaires tantant de relayer la contestation populaire. L'échec des grèves contre la réforme des retraites ne mettra pas fin à la contestation et au vent de révolte des électeurs contre la dérive autoritaire de notre président. Pas plus qu'en politique intérieure, sa politique extérieure n'a été marquée de franc succès. La fin de son mandat s'annonce périlleuse, il laissera derrière lui un champs de ruines ouvrant la voie à un avanturisme des plus dangereux qu'il vienne de l'extrême droite ou de l'extrême gauche. 

Il faut que des grandes voix en politique s'élèvent pour restaurer la confiance des Français dans les institutions de la Cinquième République. La tâche sera rude. 

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