A bout de souffle

Notre 5ème République en quête de nouveaux souverains mais à bout de souffle a été inventée par de Gaulle pour qu'elle élise un président au suffrage universel en lui donnant quasiment les pleins pouvoirs et la durée. En dépit de sa constitution, elle recélait deux fragilités, la première dans un scrutin à deux tours, le premier permettait de mesurer le poids du candidat venant en tête, la seconde  était la porte ouverte au culte de la personnalité. En ce qui concerne ce premier écueil, Macron est arrivé en tête du 1er tour avec 24% du corps électoral.

D'un président à l'autre, les Français ont fait l'expérience en de Gaulle d'une Marianne coiffée d'un képi de général et guindée dans l'uniforme de service tiré à quatre épingles comme il se doit, vu Giscard en faussaire de la royauté, en Mitterrand l'héritier de Pétain, cette ganache souverainiste, en Chirac un colonel Bigeard parachutiste en costume civil trois pièces,  en Sarkozy un affidé de Kadhafi invité avec sa tente au nom de son royaume du désert, en Hollande un président monsieur tout le monde et en  Macron un trader couronné aux commandes. Seul Chirac gagnera 2 présidences  laissant  le souvenir d'un roi fainéant, De Gaulle étant tombé sans terminer son second mandat.

Cette 5ème république a donné à la France pour la diriger de faux personnages qui ont entretenu le déclin de la nation à l'échelle mondiale sans redresser pour autant le sort de ses minorités les plus pauvres. A mi mandat,une majorité de français a découvert en Macron le fossoyeur de la 5ème République car après son faible score du 1er tour de l'élection présidentielle suivi de son mépris de la représentation parlementaire mis au rang des accessoires avec un parti godillot, il se retrouve bien seul face à la descente dans les rues d'une marée de mécontents dont le déclencheur aura été de revenir sur les conquêtes sociales en prônant au nom d'une justice égalitaire de ramener les régimes de retraite à un plus petit commun diviseur dit universel. Macron se retrouve en ce moment face à la sanction de la rue car il n'est pas certain qu'il pourra toujours compter sur ses forces de répression tant il a mit à découvert sa vulnérabilité sous le faux semblant  de ses fanfaronnades.

En attendant, Sarkozy en embuscade s'est mit en réserve de la république et Hollande inventeur de Macron, rêve d'une 6ème République plus docile. La seule porte de sortie de Macron serait le recours au référendum. Ce dernier ne porterait pas sur le seul régime universel des retraites comme réclamé par sa challenger mais sur un programme de gouvernement pour la fin de son mandat avec en tête la lutte contre l'évasion fiscale alors que par exemple Bernard Arnaud se glorifie d'être un bon contribuable quand il n'a  payé en France que la moitié de l'impôt dû sur les résultats de son groupe LVMH en 2018.  La perte de confiance de l'électorat nous laisse entrevoir sa chute comme pour de Gaulle qui n'était pas son modèle mais  a eu la dignité de partir.

Assisterons nous à la fin du régime présidentiel pour redonner toute sa place au parlement en réécrivant la constitution?

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