Michel Barnier, un recours à crédibiliser

La France est confrontée à la pire crise depuis la guerre. Elle est gouvernée par un président usé et déconsidéré pour son exercice monarchique du pouvoir et un cynisme inquiétant. Réduire la prochaine campagne présidentielle à un duel entre l'héritière de Jean Marie Le Pen et notre Jupiter revient à menacer la démocratie qui rappelons le est le partage du pouvoir. À scruter le microcosme des partis politiques de gauche comme de droite ainsi que leurs extrêmes, montre qu'aucune personnalité crédible n'émerge pour remplacer Macron.

Michel Barnier a été un solide négociateur du Brexit et salué comme tel en Europe. Il a derrière lui le parcours d'un grand serviteur de l'Etat, l'expression consacrée,et à 70ans,a déclaré vouloir mettre ses compétences au service de son pays. Ses premiers pas dans cet engagement ont été marqués par un faux pas quand il a revendiqué son gaullisme social, slogan bien éculé. De Gaulle n'avait fait que parapher le programme du Conseil National de la Résistance dont l'un des mérite fut d'offrir une couverture sociale aux salariés. Revenu au pouvoir en 1958, de Gaulle n'a jamais fait dans le social estimant que cela relevait de l'intendance. Dans le milieu politique, Michel Barnier passe pour un juppéiste, onction bien dévalorisée quand on sait qu'Alain Juppé menacé de perdre sa mairie de Bordeaux s'est réfugié au Conseil constitutionnel. Donc, Michel Barnier se propose de lancer un think-tank rassemblant autour de lui hommes et femmes de bonne volonté et d'expérience pour élaborer un programme de réformes à la hauteur des enjeux de la crise. Suggérons lui de former un Conseil National pour la justice sociale capable d'améliorer le sort des classes les plus défavorisées et de renouer le lien social entre France d'en haut et France d'en bas. Rappelons que le Conseil National de la Résistance a été présidé par Georges Bidault, homme de droite s'il en fut, et a oeuvré pour l'essentiel avec les communistes.

Bien sûr, Michel Barnier ne dispose pas des ressources financières pour conduire une campagne présidentielle, et n'a le soutien d'aucun parti politique, mais il pourrait en faire son affaire comme Macron en 2016. Discalifions Édouard Philippe qui aujourd'hui ambitionne de succéder à Macron en 2027 et pourquoi pas en 2022, en rappelant seulement qu'aux manettes sous Macron il a provoqué le mouvement des gilets jaunes. 

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