Leçons d’exemplarité en politique

Le redressement du pays se fait attendre menacé par l'incurie de notre personnel politique et de ses grands commis à gérer le bien public. Les hôpitaux crient leur détresse faute de recrutements. EDF, ce grand monopole pour la production d'électricité est en quasi faillite plombé par une dette abyssale et un parc nucléaire vieillissant dont la survie exigerait des investissements colossaux. La SNCF perd de l'argent faute d'avoir rationalisé à bon escient et rentabilisé son réseau ferroviaire. Renault, 1er constructeur et où l'état est présent dans le capital, n'est plus en mesure d'affronter la concurrence mondiale faute d'avoir su consolider son alliance avec son partenaire Nissan. Nous pourrions nous pencher pour le même constat sur d'autres secteurs du bien public. Notre industrie a le poids le plus faible dans le produit intérieur brut parmi les grands pays européens et continue à perdre des emplois faute d'un projet gouvernemental crédible pour retenir et intéresser les investisseurs.

Face à cette situation les réformes engagées sous la tutelle du président de la République reviennent entre autres à demander à nos établissements publics de réduire leurs budgets de fonctionnement et leurs engagements financiers. La dernière annonce concerne le pôle de radiodiffusion.

Pendant ce temps quelles sont les initiatives concrètes prises par les hommes politiques de tous bords, majorité et forces d'opposition, pour proposer à l'exécutif des mesures plus probantes que les réformes en cours pour redresser le pays ? Ce n'est pas leur préoccupation première car ils ne songent qu'à leur réélection, le président de la République en tête, pour conserver tous les bénéfices de leur charge. Aujourd'hui, c'est la course aux investitures pour les élections municipales. Le petit peuple, la France d'en bas, est en droit de réclamer de son personnel politique et du président de la République des engagements plus responsables pour gérer le pays au premier rang desquels des leçons d’exemplarité dans la modération de leurs dépenses et du coût pour l'état de leur fonction. C'est ainsi que le président de la République en tête devrait songer à réduire le train de vie princier de la fonction présidentielle et à sa suite tous les élus, des députés, sénateurs et maires à renoncer à la multiplication de leurs rémunérations pour accumulations de fonctions. Autre leçon d’exemplarité celle de sanctionner sévèrement les échecs de nos grands commis à la tête des grandes entreprises d'état, ce qui servirait aussi d'avertissement aux grands patrons du secteur privé protégés trop souvent par des conseils d'administration complaisants. Rappelons que ces patrons tant du secteur public que privé sont tous issus des mêmes grands corps d'état et passe d'un monde des affaires à l'autre.

De telles mesures d'austérité et d'exemplarite rehausseraient la crédibilité de nos élus et de leurs suites pour leur passion à bien servir l'Etat.

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