Réforme de l'ENA deou les pieds sur terre.

Coller avec la réalité est le leitmotiv d'Emmanuel Macron pour justifier de sa réforme de l'ENA. C'est joindre l'utile à l'agréable dira le bon peuple dont sont issus les gilets jaunes. 

Quatre présidents de la 5ème République sont sortis de l'ENA et le moins que l'on puisse dire sortis surtout de la cuisse de Jupiter et leur connaissance du bon peuple était bien loin de leurs préoccupations électorales.Le premier, Giscard d'Estaing s'était satisfait d'inviter les éboueurs de passage d'un jour à son petit déjeuner à l'Elysée et consacrait l'essentiel de ses sorties sur le terrain à ses parties de chasse en Afrique Francophone. Chirac avant d'entrer à l'ENA s'était frotté aux réalités de la vie comme parachutiste en Algérie sous les ordres de Bigeard. Hollande membre du parti socialiste n'était pas connu pour parcourir les banlieues pauvres autour de Paris. Quant à Macron, son stage de huit mois exigé par ses études à l'ENA avait été plutôt une sinécure à l'ambassade du Nigeria.

Avant de réformer l'ENA au profit d'un Institut du Service Public ( ISP) afin de préparer les futurs grands serviteurs de l'Etat issus de l'inspection des finances, du Conseil d'Etat, de la Cour des comptes et autres corps techniques, ne faudrait-il pas d'abord s'assurer que tout candidat à une élection présidentielle puisse faire valoir de son expérience des choses de la vie pour la France d' en bas, cela pourrait faire partie d'un engagement personnel à répondre à cette règle aux yeux de tous. L'histoire de notre pays nous a montré que ses plus grands serviteurs avant d'accéder à la charge suprême de chef de gouvernement sous la 3ème et 4ème République avaient eu l'occasion de se frotter aux réalités de la vie, misère et guerre. Clemenceau le premier avait été un jeune médecin et maire de Montmartre, quartier pauvre à l'époque, celle du Temps des cerises. Mendes France avait été commandant de bord d'un bombardier pendant la 2ème guerre mondiale.

Dans la réforme de Macron, il serait question de passer par exemple par la sous-préfecture avant de se présenter au concours de l'ISP, mais que vaut une telle expérience quand on se rappelle la gestion calamiteuse non pas d'un sous préfet mais d'un préfet, celui de Rouen confronté aux conséquences de l'incendie de l'usine de Lubrizol. Il est vrai que ces serviteurs de l'ordre public n'ont pas manqué de formation pour le maintien de l'ordre  quand il s'est agi de réprimer les manifestations des gilets jaunes. 

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