Mitterrand, la fourberie avant tout

Alors que ce 10 mai marque les 40 ans de l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République, revenons sur la fourberie du personnage. Le politique porteur des espoirs de l'union de la gauche accédait à cette responsabilité à l'âge de 64 ans chargé d'un passé déjà lourd de condamnations dont l'homme se déchargeait avec cette formule méprisante... Je ne me retourne jamais sur mon passé...

Il a caché sa décoration de la Francisque récompense du régime de Vichy pour son soutien au maréchal Pétain. Il continuera à lui adresser une marque de fidélité dans sa fonction de président de la République chaque année en faisant fleurir sa tombe. En 1981 sa carrière politique était déjà longue et assombrie par son action ministérielle sous les gouvernements de Mendes France puis de Guy Mollet après le déclenchement de la guerre d'Algérie. Le 1er novembre 1954, ministre de l'Intérieur il réagit à l'assassinat d'un couple d'instituteurs dans les Aurès par des insurgés algériens avec cette formule de circonstance... L'Algérie c'est la France..., prise de position hasardeuse qui lui sera reprochée. Nommé ensuite garde des Sceaux, il laissera guillotiner sans état d'âme les communistes condamnés pour leur soutien aux indépendantistes algériens. Toujours opportuniste, après son élection il saisit l'occasion que lui offrit Badinter son ministre de la Justice en abolissant la peine de mort en 1981.

Ce même Badinter dira un jour que Mitterrand pouvait présider une cérémonie en souvenir de la rafle du Vel d'hiv le matin avant de rejoindre René Bousquet pour déjeuner à midi. René Bousquet était cet homme de Vichy qui organisa avec gardes mobiles et gendarmes la rafle du Vel d'hiv de juillet 1942 qui rassembla plus de 13.000 Juifs enfants, femmes et hommes pour les destiner aux chambres à gaz. En Août 1942, il fut l'homme de la rafle des Juifs en Zone libre à l'initiative des autorités de Vichy. Nous devions apprendre que Mitterrand avait gardé l'habitude de rencontrer régulièrement René Bousquet pour ses petits déjeuners du matin. Quel témoignage plus accablant de sa proximité avec son ami et ancien collaborateur de la gestapo que cette photo prise dans les Landes où attablés au coude à coude, longue serviette autour du cou, ils s'apprêtent à engloutir un ortolan. À quand cette œuvre d'historiens qui nous dira à partir des archives et peut-être encore des derniers témoins, ce qui unissait les deux hommes envers et contre tout. Qui nous dira qui tirait la barbichette de l'autre.

Mitterrand se plaçait bien au dessus de ces critiques en y prêtant peu d'attention. Pour donner le change, il soignait son image d'homme tranquille aimant la promenade solitaire sur les quais de la Seine, chinant dans les étales des bouquinistes. Président de la République, il s'est voulu avec la complicité de son ministre Jack Lang l'homme des grandes initiatives culturelles de son temps, mais ce n'était pas de la culture pour tous, oubliés ces ouvriers des banlieues qui rêvaient d'autres loisirs plus à leur portée ne serait-ce que financière. Laissons de côté sa seconde vie dans le privé dont la dissimulation fait partie de la face cachée du personnage.

Pour de Gaulle le peuple n'était que le populo, Mitterrand s'en souciait-il seulement uniquement penché sur son égo 

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