Liberté de penser, liberté de croire

Liberté est la première revendication de notre devise républicaine: liberté, égalité, fraternité. L'avènement de la première République en 1792 a aboli le privilège de la royauté capétienne de droit divin de soumettre le peuple à sa religion, le catholicisme. Cet asservissement à une religion unique a été défendu de façon inique par l'inquisition et les guerres de religions. La défense des libertés, conquêtes de nos républiques successives, a permis la cohabitation des croyances qui se sont partagées la foi religieuse telle que pratiquée dans notre pays, à savoir protestantisme, judaïsme, à côté du catholicisme.

Au siècle dernier, au tournant de l'année 1960, les fidèles des offices ont progressivement déserté les églises et avec eux la prêtrise. La fin des guerres coloniales, marquée par l'indépendance de l'Algérie a changé la donne du flux migratoire en provenance des pays du Maghreb et de l'Afrique subsaharienne, dans la mesure où les hommes partis travailler en France comme main-d'œuvre ont été accompagnés ou suivis par leurs familles, femmes et enfants. Cette population migratoire est porteuse d'une foi religieuse ignorée jusqu'ici, celle de l'islam. Les français nés dans les décennies qui ont précèdé et suivi la dernière guerre avaient l'habitude de côtoyer dans nos villes et villages les soutanes des religieux et les robes et coiffes des religieuses. Aujourd'hui, les enfants de ces derniers prennent ou ne prennent pas l'habitude de croiser là où elles vivent les femmes voilées des communautés musulmanes. Au nom de la liberté de croire, notre devise républicaine nous fait un devoir d'accepter telle ou telle coutume vestimentaire à condition qu'elle ne s'affiche pas au nom d'un prosélytisme privilégiant une religion sur l'autre.

Nous sommes avant tout un pays de libres penseurs qui considèrent que la pratique religieuse doit relever du domaine privé avec toute la tolérance qu'elle mérite. 

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