Macron, ça passe ou ça casse

L'allocution télévisée de ce lundi du président de la République a suscité de nombreuses réactions négatives. La première critique a été son manque de retenue, alors que la priorité des priorités était l'annonce des mesures de précaution sanitaire autour de la vaccination devant la progression des mutants de la covid 19 il a prolongé son discours par une déclaration de politique intérieure pour affirmer sa volonté de réformes aussi impopulaires que celles des retraites et de l'assurance chômage.

Alors que les épidémiologistes ne cessent de dénoncer le manque d'anticipation et l'impréparation du gouvernement présidé par Macron dès janvier 2020 pour confiner les Français et plus tard les vacciner, Macron s'attribue tous les mérites pour avoir surmonté une crise sanitaire de 18 mois avant de faire face à un rebond de la pandémie. C' est avec condescendance qu'il a bien voulu associer personnel médical et soignants à cette réussite. Il est allé jusqu'à faire preuve de compassion pour tous les sacrifices consentis par ses concitoyens face à cette épreuve. Il est apparu toutefois que sans avoir la possibilité de tourner la page de la pandémie, il voulait une fois de plus faire preuve d'autorité.

Après avoir manqué plusieurs rendez-vous dont celui de la mise en œuvre des recommandations de la convention citoyenne pour le climat, il persiste dans sa volonté de mettre fin aux régimes de retraite complémentaires justifiée par la nécessité d'endiguer la progression de la dette de l'Etat. Cette promesse électorale du candidat Macron pendant sa campagne de 2016 et 2017 a suscité de nombreux débats dont le moindre n'est pas celui de la contestation sur l'ampleur du déficit attendu avec la persistance du système actuel. Fini le Macron compatissant à l'égard des sacrifices acceptés par les Français au cours des  trois confinements. Pour lui la retraite pour tous c'est garantir un minimum de 1000€ par mois sous réserve d'avoir atteint le nombre d'annuitées requis sachant qu'il sera nécessaire d'allonger la durée du travail tout en tenant compte de sa pénibilité. Macron demande aux Français vivant au dessous du seuil de la pauvreté de se réjouir de cette promesse de 1000€ démontrant ainsi son ignorance, partagée par ses propres conseillés de la haute fonction publique, sur le pouvoir d'achat des masses populaires. N'a t-il pas conclus son discours bien trop long en engageant ces Français à travailler plus pour améliorer leur sort allant jusqu à dénoncer leur préférance pour le rester chez soi avec le bénéfice de l'assurance chômage dont le nouveau statut moins favorable entrera en vigueur dès le 1er octobre.

Si un tel discours peut satisfaire le noyau dur de son électorat qui penche de plus en plus à droite, il n'est pas sûr qu'il passe avec le même succès dans l'électorat populaire. Plutôt que de rechercher l'apaisement à l'approche de la fin de son mandat, Macron se prépare t-il au remous suscité par sa casse sociale ! 

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