Lutte des classes, retour de bâton

Bien sûr, la présomption d'innocence est un droit inaliénable du code de procédure pénale et ces hommes politiques de l'ultra droite à l'ultra gauche aujourd'hui mis en examen ne se font pas faute dans une chaîne de solidarité, de le revendiquer dans l'attente de leur procès clamant haut et fort qu'ils sauraient prouver leur innocence. Il en est tout autre de l'homme de la rue pour qui toute mise en examen suscité une présomption de culpabilité. Ainsi après la mise en examen de tel représentant de l'état, cet élu et ses électeurs ont la même attente, celle du jugement prononcé au procès pour connaître son innocence ou sa culpabilité. 

Dans un tout autre domaine, la grève massive des salariés de la RATP ce vendredi noir, pourrait être le signal du réveil de la lutte des classes. À ce propos, comment ne pas être choqué ou du moins interpellé par les propos tenus par notre Haut commissaire aux retraites Jean-Paul Delevoye répondant aux journalistes la veille de ce mouvement de grève, qui lui demandaient ce qu'il pensait du régime de retraite spéciale des parlementaires. Notre grand commis de l'état s'est offusqué de cette question déclarant sèchement qu'il n'avait pas à y répondre car lui s'intéressait à l'injustice consistant pour un chauffeur d'autobus à Bordeaux de ne pas bénéficier des mêmes avantages de retraites qu'un chauffeur d'autobus de la RATP. Ainsi, pour monsieur Delevoye la réforme des retraites voulue par le président de la République et dont il est l'exécuteur de sa volonté, a pour finalité de niveler par le bas c'est-à-dire d'ajuster sur le moins disant les retraites des salariés d'une profession à l'autre. Pour la masse des salariés de la France d'en bas dont les acquis sociaux sont le fruit de longues luttes sociales, c'est leur droit le plus élémentaire de citoyens de connaître le rapport qui existe entre le montant moyen de leurs retraites et celui de la retraite d'un parlementaire chevronné. Engageons monsieur Delevoye de sortir sa calculette afin de rectifier son discours et de répondre à cette question de justice sociale entre les privilèges de la France d'en haut à laquelle appartiennent nos élus et ceux des grévistes défenseurs de leurs acquis sociaux de la France d'en bas ! 

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