Supplique à Madame Sibyle Veil

Madame la présidente de Radio France, je m'adresse à vous par cette lettre ouverte en tant que fidèle auditeur de France Culture. J'écoute ma chaîne depuis de nombreuses années plusieurs heures chaque jour en matinées et soirées. Cette compagnie m'est précieuse pour des raisons strictement personnelles. Depuis le 25 novembre, je suis privé d'une journée à l'autre au gré des programmes des grévistes, de l'une ou l'autre de mes émissions les plus écoutées si ce n'est plusieurs et souvent jamais les mêmes. Elles sont remplacées par des séquences musicales bien choisies par ailleurs. L'objet de la grève à l'appel d'un ou plusieurs syndicats représentatifs du personnel est la décision de la direction de radio France de supprimer 299 postes.

J'estime que dans l'affrontement que vous avez engagé avec les représentants du personnel, vous avez pris en otage les auditeurs et contribuables d'une radio nationale. Vous comprendrez que je ne rejette pas sur les grévistes, aussi nombreux soient-ils si c'est le cas, cette privatisation d'écoute mais à la présidente de Radio France. Je considère inacceptable que vous n'ayez pas pris la parole sur vos chaînes de radio pour tenir vos auditeurs informés des négociations que vous avez engagées pour mettre fin à cette grève qui a trop durée. Votre attitude qui consiste à vous en remettre à votre autorité de tutelle dénote un manque de représentativité de votre part. De mon point de vue, votre rôle aurait été d'être une médiatrice entre les mesures d'économie exigées sans concertation par votre tutelle et la satisfaction du public de vos chaînes pour lequel l'écoute de leur radio nationale sans publicités est une exigence qui ne se discute pas.

Pour conclure, je ferai preuve d'ironie en rappelant votre disponibilité pour vous présenter encore récemment dans les Matins de France Culture pour vous féliciter avec Guillaume Erner d'un gain d'audience de 0,5 point de cette chaîne d'une qualité inégalable et avec 3% d'audience.

Etre un grand serviteur de l'Etat, madame la présidente, c'est aussi  respecter son public.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.