Deux poids, Deux mesures

Ces samedis qui se succèdent voient les gilets jaunes défiler dans les rues de Paris pour porter leurs revendications d'un mieux social jusqu'à la tête de l'Etat.

Certains d'entre eux, quelques uns, ont commis des actes de vandalisme qui ont soulevés une vague d'indignation et de protestations de la part du monde politique relayé par les médias et les thuriféraires du pouvoir en place. Citons le saccage de la grille d'entrée du ministère du porte paroles du gouvernement qui s'est senti menacé physiquement avec son équipe mais pour prendre aussitôt la parole et  dénoncer en s'en prenant à un bâtiment officiel, une atteinte à un symbole de la République. Samedi dernier les protestataires  les plus agressifs des gilets jaunes s'en sont pris à la grille du Palais Bourbon siège de  l'assemblée nationale avec la volonté ou non d'y faire irruption. Leur action fut aussitôt stigmatisée au nom de la défense de la représentation nationale et par là même de la démocratie. Ces gilets jaunes s'en prennent aux institutions dans un geste de révolte populaire contre un pouvoir en place qui le plus souvent les a méprisés. Ces gilets jaunes dans leur ensemble ne sont pas qualifiés de manifestants mais banalisés non pas du nom de citoyens mais de simple individus.

Renchérissant sur ce mépris, ces mêmes individus responsables de ces exactions ont été qualifiés de délinquants par les porte- paroles de l'ordre établi, hommes politiques en tête. Mais comment ne pas s'interroger sur le traitement dont ont fait l'objet ces premiers de cordée, d'un Premier ministre à un Président de la République, mis en examen pour des exactions souvent au détriment de l'argent public quand ce n'est pas de la corruption, et qui sont passibles des tribunaux de la correctionnelle. Ne s'agit-il pas ici encore de délinquants mais non dénoncés comme tels. Les têtes bien pensantes me rétorqueront que ces hommes politiques qui ont rempli les fonctions les plus importantes à la tête de l'Etat doivent bénéficier de la présomption d'innocence jusqu'à leur jugement. Il n'est qu'à leur rétorquer que l'une des causes, entre autre, de l'esprit de révolte des gilets jaunes provient du regard qu'ils portent sur l'indignité de ces hommes d'Etat à les représenter au nom des valeurs de la République. La preuve de cette délinquance partagée par nombre de politiques influents vient d'être donné dernièrement dans les quatre épisodes de l'enquête conduite par le Monde sur l'implosion de la droite.

Oui, aujourd'hui dans notre pays il y a deux poids, deux mesures pour dénoncer la délinquance d'en haut et celle d'en bas à laquelle s'identifient les gilets jaunes!

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.