La belle endormie

Alors qu'Emmanuel Macron fait la roue du paon sur la scène internationale, le pays aborde la crise la plus grave depuis la fin de la guerre. Avec la pandémie la dette est devenue insolvable, les piliers de notre modèle social font défaut, sécurité sociale, régime de l'assurance chômage, régimes des retraites sont largement déficitaires et nos entreprises nationales EDF, SNCF, Air France KLM sont lourdement endettées et incapables de financer sans l'aide de l'Etat les investissements du futur.

Face à cette situation le monde politique tous partis confondus reste muet tandis que Macron attend un second mandat pour donner un tour de vis aux dépenses publiques. De leur côté, les classes moyennes se sont senties protégées par le quoi qu'il en coûte et attendent des lendemains sans réaction pour l'instant. Les fonctionnaires du secteur public, personnel hospitalier et enseignants en tête, revendiquent pour une revalorisation de leurs salaires dont l'indice est gelé, mais leur grève n'a mobilisé que quatre syndicats sur neuf. Les forces de gauche se sont unies pour s'opposer aux thèses de l'extrême droite mais n'ont réuni que quelques dizaines de milliers de manifestants sur l'ensemble du territoire.

Pendant ce temps Marine Le Pen attire de plus en plus d'électeurs avec pour seuls slogans de bouter les immigrants et surtout les maghrébins hors de France, et muscler les forces répressives au nom de la sécurité dans les villes et banlieues. Cette belle au bois dormant lisse son plumage et son ramage pour déloger Macron en 2022.

Quand à nous il ne nous reste plus qu'à fredonner les soirs de désespoir cette chanson d'Eric Mie écrite à la mémoire de la Commune dont Emmanuel Macron a ignoré son 150 ème anniversaire avec ces paroles... Louise, Louise, Louise reviens nous, ils sont devenus cons. 

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