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Billet de blog 16 août 2022

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Le caméléon en politique sous la Vème

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France Culture a enrichi sa grille des programmes d'été cette année et l'an dernier avec une série intitulée Comment les livres changent le monde. En tête figurent l'existentialisme de Sartre, la Peste de Camus, 1984 de Georges Orwell,la Plaisanterie de Milan Kundera et... Le Petit Livre rouge de Mao. Régis Debray fait l'introduction et un débat s'organise autour de 2 invités animé par 2 historiens des livres tandis que Régis Debray conclu.

Retenons ici le livre de Mao. Il fit son apparition en 1967 chez un libraire avenue Sébastopol à Paris lui-même présent à l'émission. Nous étions au tournant de la contestation estudiantine de 1968 et le Petit Livre rouge fut d'emblée le catéchisme de la révolte des Normaliens de la rue d'Ulm.L'année 1971 était déjà là avec la commémoration du centenaire de la Commune et notre ancien libraire très volubile et rieur se livra à bien des confessions. Ainsi Mitterrand leva le poing au nom de la Commune brandissant le Petit Livre rouge de l'autre main tandis qu'il partageait avec Sartre la même admiration pour Mao présenté comme un humaniste faisant le bien de son peuple.A l'époque et dans les décennies qui suivirent partisans de gauche et ultra gauche étiquetés maoïste s'en firent une réputation pour se faire une situation dans le monde de la politique. Beaucoup y réussirent selon notre libraire mais après l'ère Mitterrand les temps changèrent et Mao ne fit plus recette quand furent connus largement les massacres de son régime. Les anciens maoïstes dans leur jeunesse changèrent de paroisse ou de trottoir comme on dit aujourd'hui dans l'ère du temps. Ils se sont emparés de l'écologie politique et de la défense de l'environnement pour se faire une nouvelle réputation auprès du bon public des classes moyennes et se servir de cette nouvelle idéologie comme ascenseur en politique.

Aujourd'hui où Mitterrand cette idéologie écolo peine à faire recette au vue du score de leur candidat à la présidentielle tous les regards se sont tournés vers la France en Marche pôle d'attraction non seulement des Verts mais aussi des survivants du grand parti de Jaurès et de Léon Blum.

Mitterrand fit et défit beaucoup de carrières au nom du PS et Macron hier comme aujourd'hui au nom de la France en Marche et ses nouveaux habits de Renaissance. Après la chute de Hollande la course des militants du PS vieux routiers et jeunes loups derrière le phénomène Macron qualifié d'homme politique génial fut spectaculaire. Qui a pu oublier que Macron inscrit au PS fut d'abord ministre de l'économie élargie ensuite aux finances avant de se lancer dans la course à l'Elysée en fondant le parti en Marche sous l'étiquette du néolibéralisme. Regardons autour de nous tous ces anciens élus du PS aux législatives 2017 puis 2022 qui changèrent de camp abandonnant le socialisme pour rejoindre la trahison de Macron.Qui mieux que l'ancien président de la Chambre des députés Richard Ferrand pour illustrer le vieux routier du PS devenu le soutien unconditionnel de Macron et ce jeune ambitieux venu du PS et devenu député de la France en Marche dans la Vienne à savoir Sacha Houlié qui n'est pas à un coup de pub près pour attirer sur lui l'attention de Macron.

Reste le cas de Melenchon qui lui a voulu laver plus blanc que blanc après être passé par le PS en lançant La France Insoumise et son ultra gauchisme. Tout ce petit monde qui restait du PC et du PS après les désertions vers le parti de Marine Le Pen et de celui de Macron et qu'il avait attiré à lui n'a pas réussi à faire de lui le Premier ministre d'une cohabitation avec Macron Président. Melenchon aime les voyages comme l'a démontré sa tournée en Amérique du Sud après le déclenchement de la guerre en Ukraine par la Russie, certes l'occasion pour lui de trouver une nouvelle idéologie pour gagner les prochaines élections.

Décidément le monde politique à peu changé depuis ces volte-face après la sortie du Petit Livre rouge.

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