Macron, la chute

Emprunté à Camus dans la chute, cette citation... Il s'agissait, notez-le bien, d'autre chose que la certitude où je vivais d'être plus intelligent que tout le monde. Cette certitude d'ailleurs est sans conséquence du fait que tant d'imbéciles la partagent... Cet autre chose pour Emmanuel Macron, c'est la certitude de sa capacité à gouverner le pays.

Après une énième intervention télévisée faite de promesses usées, après la crise du coronavirus mal maîtrisée par un exécutif aux ordres du prince, mais sauvé du pire par la sagesse de l'intendant de service le Premier ministre, après la fin de non recevoir des revendications des gilets jaunes avant d'y répondre parcimonieusement, après la répression aveugle des désordres, après l'indifférence affichée devant des semaines de grèves contre la réforme des retraites, après la pression mise sur le service public de santé pour tailler dans les dépenses malgré le mouvement de protestations des personnels dont les urgentistes, Macron se réjouit de ses résultats dans l'accomplissement de son mandat. 

En dehors de son impopularité, il se sait intouchable n'ayant aucun compte à rendre à la représentation parlementaire en vertu de la Constitution de 1958. Cependant, il lui faut aujourd'hui préparer sa fin de mandat avec un seul objectif sa réélection. Face à ce dilemme, il est à la recherche de marqueurs succeptibles de redonner confiance à son électorat et il a devant lui un obstacle majeur, le regain de popularité dans les sondages d'Édouard Philippe. Ce dernier va vraisemblablement faire les frais du prochain remaniement. Son successeur ne peut-être qu'un fantoche car Macron a besoin de focaliser sur lui l'image du pouvoir. Il va continuer à essuyer des coups de plus en plus durs et résister, mais sa chute est programmée. Pourtant, il dispose encore de nombreux défenseurs parmi l'électorat qui lui reste fidèle et qui ne pouvant défendre son bilan utilisent ce seul argument.. Qui d'autre pour le remplacer ?

Macron n'est pas irremplaçable. Ce n'est pas dans les extrêmes qu'il faut rechercher un candidat crédible, Marine Le Pen n'est que la fille de son père, antisémite et figure de proue des nostalgiques de l'Algérie française, Jean Luc Mélenchon et sa France insoumise est un diviseur de la gauche et sans avenir. Le poste de Président de la République est hors de portée de ces parties extrémistes. Il faut donc se tourner vers d'autres caditatures et le monde politique, de centre droit et centre gauche n'en est pas démuni. Certains commencent à montrer le bout de l'oreille, Borlo, Baroin, Pécresse et autres noms. Ces derniers ont cependant un challenger sérieux en la personne d'Édouard Philippe. Mais est-ce la meilleure solution pour le pays alors qu'à la crise sanitaire va succéder la pire crise économique que le pays ait connu depuis un siècle. Ne faudrait-il pas rechercher dans la société civile et non dans le monde des partis politiques, un économiste de renom capable de relever le défi de la dette et du chômage dans notre pays tout en s'attaquant aux inégalités sociales qui n'ont fait que se creuser depuis la crise financière de 2008. Pourquoi ne pas faire appel à Patrick Artus. Son profil fait penser à celui de Jacques Delors. 

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