Oui notre nucléaire civil et sa sûreté seront entre les mains d'un satrape, un satrape du chef de l'Etat .La sûreté des réacteurs de notre parc nucléaire repose sur 2 institutions L'IRSN Institut de Radio protection et de Sûreté nucléaire et l'ASN Autorité de Sûreté Nucléaire. Le premier est le dépositaire de notre expérience dans le domaine du Nucléaire, la seconde est détentrice du pouvoir décisionnaire. Après consultation d'une commission dédiée à l'information du chef de l'Etat ce dernier Emmanuel Macron a manifesté le souhait de fusionner l'ASN et une partie du moins de l'IRSN.La Chambre des députés a voté en faveur de cette initiative. Dans l'un et l'autre cas ces décisions essentielles pour garantir les conditions de sécurité de nos centrales ont été prises sur la foi de rapports classés confidentiels excluant donc d'office le consensus d'autres collèges d'experts.Pour justifier cette opération les pouvoirs publics évoquent l'intérêt de fluidifier le système ce qui ne veut rien dire.
Sous le précédent mandat de Macron ce projet de fusion avait fait l'objet comme aujourd'hui d'une levée de boucliers venant de tous bords y compris du monde politique au nom de la garantie de l'indépendance du décideur à la tête de l'ASM. Au delà de l'obscurantisme qui entoure la décision de Macron ses opposants dénoncent le fait que la nouvelle autorité ainsi constituée fera perdre à l'ASN son indépendance en faisant de son responsable un haut fonctionnaire placé sous la tutelle du pouvoir politique en place. Ainsi ce dernier sera seul à arbitrer entre la mise à l'arrêt de réacteurs pour des raisons de sécurité et la poursuite de leur exploitation en période de pénurie d'énergie. Pour conclure cette fusion fait peser une menace sur la mise en sûreté des réacteurs de nos centrales aujourd'hui en service et demain pour les nouveaux EPR programmés pour assurer la relève de notre nucléaire jusqu'à la fin du siècle.
La confiscation pour raisons d'Etat des rapports d'experts justifiant sa décision de mettre l'ASN directement sous sa tutelle la privant de son indépendance jusqu'à la soumettre à l'avis des représentants de l'IRSN ne fait que rappeler la politique de l'Etat dans le domaine du nucléaire militaire au nom du secret défense y compris lorsqu'il s'est agit de reconnaître l'impact humanitaire des retombées radioactives de nos essais nucléaires avec leurs conséquences catastrophiques pour l'avenir du Sahara algérien.
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