Macron sur ses ergots

Macron est un petit coq à la recherche de publicité alors que s'achève un mandat bien écorné au regard de ses ambitions électorales en 2017 dont le maître mot était la réforme. Elle a fait pschitt alors que pendant ce temps le pays a poursuivi sa désindustrialisation avec en particulier trois dossiers chauds. La branche énergie D'Alstom a été cédée à l'américain GE quand Macron était encore le soutier industriel de Hollande, aujourd’hui est démantelé Suez leader mondial du traitement des déchets et de l'eau, et dossier majeur pour l'avenir énergétique du pays, s'annonce la déroute d'EDF au travers de trois indicateurs clefs,

une dette de 42 milliards d'euros, un besoin d'investissements de 45 milliards d'euros sur 15 ans pour l'entretien des 56 réacteurs de son parc, un EPR à Flamanville qui a déjà coûté 20milliards d'euros qui ne fonctionne toujours pas, alors que le futur de notre nucléaire est dans l' attente d'une décision pour construire de nouveaux EPR. À cela s'ajoute comme dévoilé par nos retards dans la mise au point d'un vaccin contre la covid 19 par l'institut Pasteur ou Sanofi, un accompagnement insuffisant de la part du budget de l'Etat dédié à la recherche.

Mais que fait notre président qui exposé à la sortie toujours problématique de la pandémie cherche à se refaire une image plus crédible dans sa conduite du pays en portant toute son attention sur le continent africain faute de s'être beaucoup illustré dans les autres domaines de sa politique internationale. Il n'en est pas à son 1er coup d'essai quand on se remémore sa visite à Beyrouth dévasté par la terrible explosion sur le port, véritable coup de Bluff quand il s'était engagé au nom de la France auprès des libanais à ne jamais les abandonner, ce qui en soit ne relevait que de la mise en scène.

L'intérêt porté par Macron à l'Afrique a commencé par l'Algérie avec le rapport Stora pour réconcilier les mémoires des 2 pays déchirés par la guerre d'indépendance. Sa conclusion n'a été qu'une fin de non recevoir du gouvernement algérien. Alors que les conflits locaux font rage au Sahel, il s'affiche délibérément aux côtés du nouveau maître du Tchad en assistant aux obsèques du père de ce dernier sans attendre que l'on connaisse si cette succession ne relève pas d'un coup d'Etat. Il n'en reste pas là et s'emparant du rapport de la commission de recherche sur les archives françaises relatives au Ruanda et au génocide des Tutsis, il fait la paix avec le président de ce pays pour aller s'afficher à ses côtés à l'occasion d'une prochaine visite à Kigali sa capitale. Maintenant c'est un véritable roitelet qui convoque les dirigeants d'une quinzaine de pays africains autour de lui à Paris ce 16 mai avec pour thème la relance des économies africaines. À l'issue de cette rencontre, Macron fait sa publicité en abandonnant une créance de près de 5 milliards d'euros au bénéfice du Soudan, et même si cette dette était peut-être condamnée à son non  remboursement, ce geste est bien mal venu alors que la France supporte déjà une dette abyssale '

Macron a beau se dresser sur ses ergots dans le poulailler africain,il n' en demeure pas moins la proie du furet Marine LePen 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.