EPR, la casserole de plus ou de trop

EDF avec sa filiale Framatome a construit son premier EPR en Chine où il est opérationnel depuis 2019.Un accident est intervenu sur un réacteur avec une fuite importante de gaz rares dans l'air. L'alerte a été donnée par les États-Unis au grand dam de l'autorité de sûreté nucléaire chinoise. EDF a convoqué en urgence un conseil d'administration pour faire suite à cet accident sans pour autant que l'opinion soit informée des suites données à cette réunion. EDF a connu de tels accidents sur ses ré acreurs de 1ère et 2ème génération mis en service entre les années 1970 et 1990. Ces fuites de gaz rares lorsqu'elles se produisaient sur un réacteur étaient rejetées dans son eau de refroidissement et confinées dans l'attente de la baisse de la baisse de leur radioactivité. L'ampleur de l'accident sur l'EPR chinois semble démontrer que ce stade est largement dépassé.

La presse s'est emparée de ce dossier et comme pour l'EPR de Flamanville objet de nombreuses malfaçons et dont la mise en service est repoussée d'année en année, en attribut la cause à la perte de l'expertise de Framatome au cours des années qui ont séparé la mise en service de la dernière centrale nucléaire en 1997 et le début de la construction de l'EPR Français en 2007. D'aucuns avancent aussi l' explication que Framatome a fait trop appel à la sous traitance. Une fois de plus l'avenir de l'EPR est mis en cause alors que Framatome est engagé dans la construction de plusieurs EPR en Finlande et au Royaume-Uni, et de s'interroger aussi sur le projet d'EDF d'investir dans la construction de plusieurs EPR en France après celui de Flamanville.

L' avenir de l'EPR repose sur la réponse qui sera donnée à cette suite de déconvenues sur l'EPR de Flamanville et aujourd'hui les fuites de gaz rares sur l'EPR chinois depuis sa mise en service. Jusqu'ici l'Etat Français s'est muré dans le silence car le futur du nucléaire pour EDF n'est pas au programme de la prochaine élection présidentielle. En attendant, il sera plus facile pour le gouvernement de trouver un successeur à Jean Bernard levy président d'EDF que de décider de l'avenir du nucléaire en France alors que cette énergie contribue à hauteur de 70% de la production d'électricité. 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.