Déni ou refus de justice

Dans la devise républicaine Liberté, Égalité, Fraternité, le mot Egalité prend toute son importance aujourd'hui alors qu'un ancien président de la République et un ancien Premier ministre passent devant leurs juges. Le premier Nicolas Sarkozy après avoir été mis en examen plusieurs fois attend le 1er mars la décision du tribunal correctionnel dans l'affaire dite " des écoutes Bismuth". Devançant son jugement, il est intervenu à plusieurs reprises sur les antennes de radio pour déclarer qu'il était l'objet d'un faux procès car il était innocent. Mis en examen une nouvelle fois, il s'est précipité sur les radios pour que ses anciens électeurs et le public sachent qu'il était innocent et qu'il le démontrerait devant ses juges. Comment ne pas voir à moins d'être candide qu'il utilise cette manœuvre pour peser sur ses juges en revendiquant le soutien des Français qui lui ont fait confiance.Hier s'est présenté devant ses juges Édouard Balladur pour des faits remontant à 25ans. Trop âgé vraisemblablement pour s' exprimer à la radio c'est son avocat qui s'est adressé aux auditeurs pour dire que son client était innocent et que d'ailleurs les faits jugés étaient prescrits. Procédé comme un autre de contester le tribunal.

Dans notre pays, selon que vous serez puissant ou misérable, vous ne devez pas faire confiance à la justice pour défendre votre présomption d'innocence, mais prendre à témoin l'opinion qui vous est acquise. 

Oublions ce marigot de justifiables au dessus de tout soupçon, des hommes politiques autrefois élus aux charges suprêmes pour faire respecter la devise républicaine et laissons les pour le meilleur ou le pire entre les mains de leurs juges. 

Hier, Michel Barnier négociateur en chef de l'accord sur le Brexit à Bruxelles a été l'invité de France Culture. Sobre et crédible dans ses réponses, il est apparu comme avoir la dimension politique pour accéder aux plus hautes responsabilités du pays. Toutefois, l'homme doit se renouveler en politique au delà de sa revendication d'héritier du gaullisme social. Ce n'est pas avec un tel slogan qu'il réunira sur son nom les suffrages des nouvelles générations s'il est candidat à l'élection présidentielle de 2022.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.