Alain Finkielkraut et le Monde

Le pôle d'indépendance du Monde à réagi dans ses colonnes après avoir décelé les manœuvres financières du milliardaire Tchèque Kretinsky pour monter dans le capital du groupe le Monde. À l'issue de l'appel de ses journalistes pour obtenir des garanties de ses actionnaires sur la protection de leur indépendance éditoriale, ils ont reçu le soutien de cinq cents grands lecteurs venus de tous les horizons de la société. Le Monde a reçu des centaines de lettres de soutien. Je me suis étonné de ne pas trouver parmi les grandes signatures de l'appel des cinq cents le nom d'Alain Finkielkraut, intellectuel et philosophe bien connu de la scène médiatique. Il est en particulier le réalisateur de l'émission Repliques sur France Culture. Avant hier, il était l'invité de Guillaume Erner dans les matins de France Culture à l'occasion de la publication de son dernier livre sous le titre À la première personne.

Aussitôt que fût connue la menace qui pesait sur le Monde, France Culture dans ses émissions du matin, s' est fait l'écho et a débattu avec ses invités, de l'enjeu que représentait pour la liberté de la presse en France, une éventuelle prise de contrôle non souhaitée du capital du groupe le Monde. Guillaume Erner ne s'est pas privé d'interroger Alain Finkielkraut sur le combat du Monde pour préserver son indépendance et les raisons de l'absence de sa signature dans l'appel des cinq cents. Ce dernier tout en affirmant son soutien à la démarche du Monde a donné le motif de son abstention. Il attribue au Monde la volonté d'exercer une police de la pensée, dixit. Il se réfère à la publication par le Monde d'un entretien avec Éric Zemmour où celui-ci légitime une forme de délinquance de la pensée, le journal ayant transcrit ce mot de délinquance en lettres majuscule. Cette façon de prendre position sans s'exposer ne fait que confirmer les contradictions de la pensée tant de l'intellectuel que du philosophe. L'homme n'est pas à une contradiction près comme le démontrent les confessions de son dernier livre sur sa jeunesse estudiantine quand en 68 il était un maoïste très militant avouant qu'il lui avait fallu un certain temps pour reconnaître ses erreurs sans avoir encore compris pourquoi il avait été maoïste.

Espérons qu'il lui faudra moins de temps pour surmonter ses états d'âme et ajouter sa signature aux côtés du couple Badinter, de Mona Ozouf et de Pierre Rosa vallon dans l'appel des cinq cents ! 

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