Jean Bernard Levy, un mercenaire du nucléaire

Suite à une fuite dans la presse, nous apprenions que le PDG d'EDF Jean Bernard Levy avait reçu en septembre du gouvernement et sous l'impulsion du président de la République, une lettre de mission lui demandant de définir avec un calendrier précis les compétences de son groupe pour construire dans les 15 prochaines années 6 EPR à raison de 2 tranches sur 3 sites. L'information demandée doit être disponible d'ici 2021 afin qu'Emmanuel Macron prenne sa décision régalienne sur le futur engagement de la France dans le nucléaire.

Campagne promotionnelle préméditée ou pas, JBL s'empresse de relayer l'annonce dans un entretien confirmant la volonté d'EDF de poursuivre sa course en avant dans le nucléaire. Comment ne pas être surpris que JBL engagé ainsi la responsabilité d'EDF dans la course à l'EPR, deux semaines avant la publication du rapport de Jean Martin Folz afin d'établir à la demande du gouvernement, les raisons du fiasco de l'epr de Flamanville ?

De quelle expertise industrielle reconnue dans cette filière peut se prévaloir JBL alors qu'il partage avec ses prédécesseurs Henri Proglio et Pierre Gardenneix la responsabilité du fiasco de la construction de L'epr de Flamanville ?

JBL après des postes de haut fonctionnaire comme ingénieur du corps des Télécoms, a été pendant 10ans, de 2002 à 2012, le no 2 de Vivendi, en charge de la musique. Après 2 ans passés à la tête de Thales, il est nommé PDG d'EDF en octobre 2014. On ne peut pas dire que son mandat à la tête du groupe et récemment renouvelé pour 5ans ait été couronné de succès ! Le groupe fait face à des défis auxquels J La été incapable de répondre par une feuille de route appropriée, à savoir le démantèlement des réacteurs de 1er et 2ème génération dont les fermetures vont se succédées d'année en année, et à un autre impératif aussi stratégique, l'enfouissement des déchets radioactifs qui s'accumulent sur des aires de stockage.

Face à tel bilan, comment comprendre que le gouvernement ai confié à JBL la mission de préparer la décision du chef de l'état de poursuivre le développement de nouvelles centrales nucléaires dans le pays ? Et de conclure qu'une telle décision qui exposera encore plus au risque nucléaire plusieurs générations, ne relève que du seul fait du prince, celui d'Emmanuel Macron !

La sagesse voudrait que soit désignée une commission indépendante, au vrai sens du terme, rassemblant les experts les plus avertis sur le développement du nucléaire dont les conclusions sur l'opportunité de construire de nouveaux EPR après Flamanville seraient arbitrées par un vote référendaire. 

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