Emmanuel Macron, le Mali et les oubliés de Béryl

Huitième Président de la 5ème République, Monsieur Emmanuel Macron est le premier Président à ne pas avoir été soumis au devoir du service militaire. Chef des Armées, dès son élection il s'est rendu au chevet des grands blessés de nos opérations militaires puis s'est déplacé au Mali à la rencontre des troupes Françaises engagées dans ces opérations. Le salut de la Patrie à ces jeunes soldats de 22 ans nous remet en mémoire les sacrifices des appelés du contingent au cours de la guerre d'Algérie entre 1954 et 1962. Associés aux victimes de ce conflit et tenus sous la chape  de plomb du silence de l'Etat figurent les irradiés des campagnes des essais nucléaires conduit par la France dans les départements sahariens de l'Algérie entre 1960 et 1966. Il nous suffira de rappeler ici le sort des irradiés du tir Béryl dans le Hoggar du 1er mai 1962 qui a mal tourné. Le nuage de poussières échappé accidentellement de la montagne du Tan Affela à In Ekker a irradié non seulement soldats et civils du CEA présents sur le site mais les populations Sahariennes sur un très vaste territoire allant bien au-delà des frontières du sud algérien. Au bilan de ces victimes il faut ajouter les travailleurs sahariens employés aux terrassements sur le site. Plus d'un demi-siècle après  cette tragédie placée sous le sceau de l'oubli par les présidents de la République de de Gaulle à aujourd'hui, ne pouvons-nous pas espérer avoir élu avec monsieur Macron le 1er président à reconnaître la dette de notre pays à l'égard des victimes de nos essais nucléaires en Algérie?

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.