Convention citoyenne et déchets radioactifs

La convention citoyenne pour le climat vient d'achever ses travaux. Le champ de ses investigations a été limité aux gaz à effet de Serre, écartant d'emblée la question environnementale du nucléaire qui joue un rôle essentiel en France dans la réduction de l'empreinte carbone aux côtés des énergies renouvelables. À compter de 1977 et pendant 20 ans le pays a construit son parc de centrales nucléaires équipés de 58 réacteurs et s'est lancé aujourd'hui dans la construction d'un réacteur à eau pressurisée EPR. Ces réacteurs ont été prévus pour une durée de vie de 30 ans et des études sont en cours pour poursuivre leur exploitation au delà de cette limite. Ces réacteurs produisent en continu des déchets radioactifs, le combustible usé, dont l'activité peut s'avérer très élevée. Le combustible usé est refroidi pour faire baisser son activité dans des piscines à la Hague avant d'être entreposé sur des sites de stockage pour une période provisoire avant d'envisager leur enfouissement définitif.

Aujourd'hui, l'exploitant EDF est confronté à 2 problèmes, celui de la saturation à brève échéance des dites piscines de refroidissement et des sites d'entreposage répartis sur tout le territoire, et par ailleurs aucune décision n'a été prise pour la sélection d'un site d'enfouissement compte tenu des oppositions des défenseurs de l'environnement pour retenir le site de Bure "Meuse" dans un terrain argileux. Les autres terrains à l'étude à savoir granit, schiste et sel ont été écartés pour différentes raisons. L'urgence pour EDF de mettre en œuvre des solutions à ces problèmes en procédant aux investissements nécessaires tout en levant l'incertitude sur le choix d'un site d'enfouissement, a été rappelée par l'Autorité de sûreté nucléaire "ASN" comme dévoilé par le Monde daté du 19 juin 2020 sous le titre Combustibles nucléaires usés face au risque de saturation EDF sommé d'accélérer.

Pourquoi le lancement d'une Convention citoyenne sur le nucléaire et ses déchets radioactifs est une priorité de la même importance que celle qui a vu le jour sur le climat ? Le stockage de ce combustible usé en piscine, à l'air libre ou enfoui soulève des oppositions de plus en plus fortes et structurées de la part des riverains et leur périmètre s'élargit en conséquence, d'autant plus que les mesures de radioprotection pour protéger ces populations relèvent de l'utopie. Il existe des défenseurs du nucléaire en France qui professent peremptoirement que l'exploitation de notre parc de centrales nucléaires jusqu'au traitement du combustible usé ne présente aucun danger pour la santé des populations exposées. Ces annonces assainées au public font parti de la ligne de défense d'EDF et au dessus de l'établissement de l'Etat, pour imposer aux Français une énergie dont les conséquences pour l'environnement ne sont pas métrisées aujourd'hui. 

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