Démocratie quand tu nous tiens

Respect de la démocratie... Respect de la démocratie, cette incantation est servie à toutes les sauces. Ainsi, la démocratie à été respectée, nous dit on, pour la prochaine promulgation de la loi sur la réforme des retraites au prétexte que les portes des ministères pendant 2 ans ont été ouvertes aux syndicats pour les consulter et recevoir leurs doléances pour des négociations. L'argument est-il recevable, c'est encore à voir. Au contraire, la démocratie est bafouée parce qu'une poignée de cégétistes ont fait irruption dans les locaux de la CFDT et ont franchi l'intolérable en coupant l'électricité. Mais ce n'est pas tout, la perturbation de la soirée théâtrale du couplé Macron est une atteinte au nom de la démocratie à leur liberté de sortir en ville. J'ai même entendu dire autour de moi que le secrétaire général de la CGT Martinez, caricaturé en Mister NO par le New-York times, n'était pas un démocrate parce qu'il se présentait dans un interview télévisé sans contradicteur. 

Je vais dénoncer à mon tour, une atteinte à la démocratie quand depuis 50jours comme fidèle auditeur de Radio France, d'un jour à l'autre, je suis privé de mes émissions favorites parce que la présidente de Radio France, madame Sibylle Veil, fait la sourde oreille confrontée aux grévistes de ses chaînes qui s'opposent à son programme de suppression des emplois et d'économies.Alors qu'elle est muette, refusant tout interview pour éclairer ses auditeurs sur sa position intransigeante, je m'interroge sur la légitimité de son inaction. Le bras sur la couture du pantalon, elle est au garde à vous devant Macron et son propre refus d'entendre les grévistes, revendiquant lui sa légitimité acquise par son élection au suffrage universel. Comme tout citoyen quelques soient les opinions politiques que je partage, j'ai droit sans aucune privation à l'information qui m'est due sur les chaînes de Radio France. Je mets la soumission de Sibylle Veil au compte de Macron qui bafoue ainsi mon droit à disposer sans interruption à l'information que j'attends de notre radio publique comme dans toute démocratie digne de ce nom. 

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