Macron, globe-trotter de luxe

Macron parcourt le pays avec sa suite partout où son devoir de chef d'Etat l'appelle, mais surtout quand il peut se mettre en valeur.En pleine crise du coronavirus, nous l'avons vu discourir sous une tente médicalisée dressée par l'armée en Moselle, et aujourd'hui visite surprise à Chambord pour s'adresser aux adolescents défavorisés.

A quand une visite sur le chantier de Flamanville pour annoncer sa décision comme il aime le faire sur la poursuite de la construction de l'EPR qui a pris un retard d'au moins 11 ans sur sa mise en service et dont le coût selon le dernier rapport de la Cour des comptes pourrait dépasser 19 milliards d'euros,c'est à dire au moins 6 fois le budget prévu initialement?.La charge supplémentaire pour EDF est donc de 16 milliards d'euros alors qu'il n'est pas certain que l'EPR fonctionne un jour pour des problèmes de soudures sur des canalisations se rapportant à la cuve.

A quand une visite à Bure dans la Meuse pour trancher sur l'avenir de ce site d'enfouissement des déchets radioactifs produits par les centrales nucléaires et qui s'entassent entreposés sur des sites de stockage en voie de saturation?

A quand une visite de Macron au siège d'EDF au coté de son PDG Bernard Henri Lévy pour se prononcer sur les voies qu'il envisage pour éviter  la faillite de cet ex-monopole d'Etat qui supporte déjà une dette de 30 milliards d'euros?

Macron est revenu triomphant de Bruxelles pour annoncer une victoire historique de l'Europe à laquelle il a arraché une contribution de 40 milliards d'euros sur 2 ans, 2021 et 2022, et qui s'ajouteront aux 100 milliards d'euros qu'il a prévu pour son plan de relance après la crise du coronavirus.Ces 40 milliards d'euros ne sont pas de l'argent magique et devront être empruntés par l'Europe sur les marchés financiers en 2021.Son remboursement ne reviendra pas à la seule France, mais sera mutualisé par l'Europe.Comment ne pas s'étonner que Macron ne se préoccupe pas du remboursement de la dette d'EDF qui devra par ailleurs financer le dépassement exorbitant du coût de l'EPR. Ce sont des dettes que la France à elle seule devra rembourser. Cerise sur le gâteau,le coût de production du mégawattheure de l'EPR contraindra EDF à vendre à perte.

Macron a joué à l'illusionniste pour vendre aux Français le succès de sa négociation à Bruxelles,mais nous attendons toujours son tour de passe-passe pour tirer d'affaire  EDF.

 

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