Enlissement de la République dans le religieux et la Shoah

Alors que la charpente de Notre-Dame achevait de se consumer, le président de la République s'était déplacé à la rencontre de l'archevêque de Paris auquel il avait ouvert les bras. Précédent d'un jour sa présence à la commémoration de la Shoah en Israël, Macron s'est complu en touriste à Jérusalem marquant son attachement aux religieux en visitant les lieux saints des trois religions monothéistes. Il est passé successivement, de l'un à l'autre, de l'église du Saint Sépulcre à l'esplanade des Mosquées avant de se rendre au mur des Lamentations. La publicité faite autour de ces visites marquait à n'en pas douter l'attachement du président aux religieux comme à Notre-Dame à Paris et par là même portait atteinte au principe de la laïcité pilier de la République Française et inscrit dans le marbre par la loi de 1905 de séparation de l'église et de l'état. Comment ne pas être étonnés que devant le défilé des images sur nos écrans des déambulations du président de la République sur les lieux dits sacrés pour les croyants, nos médias ne soient pas intervenus pour rappeler à Macron son devoir de réserve à l'égard des religions quand il représente la République Française !

Venons-en maintenant à l'essentiel de la visite de Macron en Israël, à savoir la participation de la France aux cérémonies commémorant la Shoah à l'occasion du 75eme anniversaire, le 23 janvier, de la libération par l'armée russe du camp d'extermination d'un million de Juifs à Auschwitz en Pologne. Autrement plus symbolique aurait été la présence du président de la République ce 23 janvier sur les lieux mêmes du génocide accompagnée de la chancelière Angela Merkel, occasion pour la Nation allemande de se pencher sur son passé et pour la France et l'Allemagne de resserrer leurs liens pour affronter l'avenir de l'Europe ! Ce rendez-vous manqué aurait été un défi à la percée du parti d'extrême droite l'AED en Allemagne.

Auschwitz représente l'ineffaçable dans la Mémoire des 6 millions de Juifs exterminés par l'Allemagne nazie. Moins de 200.000 survivants des camps de concentration résident en Israël mais comment ne pas être choqués quand nous découvrons qu'un sur cinq ou un sur quatre suivant les données, des nonagenaires, vivent en dessous du seuil de pauvreté dans leur patrie d'accueil ! 

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