Histoire, Mendès France face à de Gaulle et ses héritiers

De Gaulle avait une notion totalitaire du pouvoir,qui comme pour tout militaire se résumait en la formule "obéir ou commander". Pour Chirac,le chef c'était fait pour « cheffer ». Pour Macron, héritier non reconnu du parti gaulliste, l'autorité c'est le coup de menton permanent. Pour ces hommes de pouvoir, une fois acquise la confiance du peuple souverain avec l'élection à la Présidence de la République, il revenait à eux seuls de diriger la pays sans avoir à rendre compte. Tout autre était Mendès France qui ne demandait pas aux citoyens de lui faire confiance, il faisait confiance à l'intelligence des citoyens.

Le gouvernement de Mendès France, Président du Conseil investi par l'Assemblée Nationale, a tenu 7 mois 17 jours entre juin 1954 et février 1955. D'un bilan impressionnant, l'histoire retiendra surtout la promesse tenue de mettre un terme à la guerre d'Indochine après la défaite subie à Diên Biên Phu et cela dans un délai d'un mois. En comparaison, de Gaulle revenu au pouvoir en 1958 en pleine guerre d'Algérie, ne mettra fin à ce conflit colonial qu'après 4 ans d'atermoiements avant de se résoudre à l'indépendance de l'Algérie. Sa présidence de 11 ans se terminera par le vide du pouvoir en mai 1968 alors qu'il cherchait refuge temporairement auprès du général Massu à Baden-baden. De Chirac, ancien combattant  en faveur de l'Algérie française comme appelé, de sa présidence de 12 ans sans éclat, seul resteront son geste reconnaissant la responsabilité de la France collaborationniste dans la rafle du Vél' d'Hiv' et son refus d'engager le pays dans la guerre d'Irak. Quand à Macron 2 ans d'exercice de la fonction présidentielle lui laisseront déjà la casserole des gilets jaunes.

Un hommage vient d'être rendu à la grandeur de Pierre Mendès France à l'Assemblée Nationale par la Fondation Jean Jaurès associée à l'Institut Pierre Mendès France. Le Président  Macron en représentation permanente ne s'y est pas affiché mais il n'a pas hésité à rendre hommage à Pompidou dont la présidence fut marquée par des succès économiques dus en grande partie aux Trente glorieuses. Disons qu'il vaut mieux en être ainsi.

Je suis redevable au quotidien le Monde d'avoir publié en date de ce 22 juin un hommage à Pierre Mendès France sous le titre "La gouvernance de la raison et de la pédagogie" de Baptiste de Montvalon.

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