Tchernobyl, et après T

Tchernobyl se rappelle à nos souvenirs 35ans après la catastrophe intervenue le 24 avril 1986.Le dernier bilan connu qui ne s'arrête certainement pas là est de 40 morts après l'explosion du réacteur, 4000 cas de cancers de la thyroïdes recencés dont une partie soignée avec succès, mais ce qui frappe surtout les esprits, ce sont les 600.000 ouvriers mobilisés sur le site pour tenter de circonscrire les effets du sinistre. Nous ne disposons d'aucune donnée sur le suivi médical de ces victimes potentielles car irradiées à leur tour. Quelle que soit l'ampleur des informations diffusées par le pouvoir soviétique, elles demeureront toujours incomplètes car le nuage radioactif échappé de la centrale ne s'est pas arrêté aux frontières de l'union soviétique. L'origine de la fusion de l'un des réacteurs de Tchernobyl relevait d'un problème de sûreté nucléaire.

Ce 1er mai, mais qui en parlera, 49 ans se seront écoulés depuis la catastrophe de l'essai d'une bombe nucléaire du nom de code Béryl, second tir d'une campagne d'essais dans des galeries creusées dans la montagne du Tan Affela au nord du Hoggar en Algérie. Un nuage radioactif échappé accidentellement de la montagne a irradié les populations exposées comprenant la troupe et les agents civils présents sur le site auxquels il faut ajouter les Sahariens employés comme main d'œuvre. Il n'a jamais été question du sort fait à la population locale des centres de culture ainsi qu'aux nomades Touaregs parcourant le désert. Ici encore le nuage radioactif n'avait pas de frontières, il a irradié bien au delà du Hoggar et du Tassili des ajjers. À ce jour, nous ne disposons d'aucun bilan crédible établi par la France sur les victimes de Béryl, aucune certitude s'il y a eu des morts et les irradiés durement touchés, hospitalisés ou pas à l'époque, n'ont jamais été recensés. Les militaires présents sur les lieux de 1961 à 1966, en majorité des appelés du contingent, n'ont fait l'objet d'aucun suivi médical.

Évoquer de tels accidents dramatiques conduit à s'interroger sur la sûreté de nos installations nucléaires en France et sur les mesures de sauvegarde retenues par les pouvoirs publics dans l'éventualité d'un accident tournant à la catastrophe sur un réacteur. Quelle est l'information mise à la disposition du public, au 1er rang desquels les riverains des centrales. Jusqu'à présent les habitants vivant dans un rayon de 20 kilomètres autour d'une centrale reçoivent des pilules de sodium à consommer pour protéger leur thyroïde en cas d'accident. Ils sont tenus dans l'ignorance des plans d'évacuation auxquels répondre suivant la gravité de l'accident.

A de telles préoccupations, les autorités dont le bras armé est l'ASN ( Autorité de sûreté nucléaire) s'appuyant sur l'IRSN ( l'institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) autorité indépendante et crédible aujourd'hui, s'emploie, à renforcer la sécurité des centrales en doublant entre autres  l'enceinte en béton des cuves ou se produit la réaction nucléaire. Toute la question est de savoir si l'ASN formule de nouvelles exigences s'adressant au public pour prendre en charge la santé des riverains des centrales dans l'éventualité d'un accident quelle qu'en soit la gravité 

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