La Défense victime d'Areva

Le citoyen n'est-il pas en droit de demander des comptes à l'Etat détenteur à 87% du capital d'Areva et qui doit faire face à sa quasi faillite! L'Etat est d'autant plus engagé dans Areva qu'à travers ses opérations militaires déclenchées depuis 2014 au Sahel il protège au Niger la ressource en uranium d'Areva dont elle dépend pour l'ensemble de ses centrales nucléaires. D'un côté l'Etat doit recapitaliser Areva à hauteur de 4,5milliards d'euros en acceptant les contraintes imposées par la Commission Européenne et de l'autre réduire son déficit budgétaire pour répondre à l' obligation de 3% exigée par l'Europe. A cet effet, le gouvernement coupe la totalité de ses dépenses en 2017 et le ministère de la défense se voit imposer une baisse de 850 millions d'euros. Initiative à laquelle a répondu le chef d'Etat major par sa démission. Areva est l'exemple même de la mauvaise gestion de l'Etat à laquelle n'a pas échappé la présidence de François Hollande à la suite de celle de Nicolas Sarkozy. Devant un tel gâchis des finances publiques, l'obligation d'une enquête par une commission parlementaire appropriée répond à l'exigence même de notre démocratie. L'avenir du nucléaire est battu en brèche de haut en bas de la filière et un débat clairvoyant sur son devenir est un enjeu majeur pour notre pays.

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