Sahara hier, Sahel aujourd'hui, la France irradie

Hier, au début des années 1960, la France a irradié le Sahara algérien et le Hoggar par des essais nucléaires d'abord aériens puis confinés dans une montagne où s'est produit le 1er Mai 1962 l'accident référencé du nom de Béryl. Ce jour là ,la montagne a laissé échapper contre toute attente un nuage radioactif dont les retombées ont contaminé les sols bien au delà du territoire algérien. Un livre publié en 2011 sous le titre "Les irradiés de Béryl" en témoigne et a fait l'objet d'une émission de la "marche des sciences" d'Aurélie Luneau sur France Culture suivi d'une autre, la marche de l'histoire de Jean Lebrun sur France Inter. Ce 11 octobre l'enquête de Médiapart révèle que depuis les années 1970 le groupe public Areva exploite les mines d'uranium au Niger sans se soucier efficacement du sort des populations mises en contact du minerai et de ses dérivés d'extraction radioactifs. La France a exposé depuis 1960 jusqu'à nos jours les populations du Sahara algérien et du Niger au Sahel en se désintéressant totalement du sort des victimes exposées à des taux d'irradiation dépassant outrageusement les limites autorisées.En abandonnant ainsi ces populations à leur sort nos concitoyens, peuvent à juste titre s'interroger sur le sort que leur réserverait E D F et l'ETAT si un accident majeur intervenait dans l'une de nos centrales nucléaires. Le nucléaire français tant dans le développement de sa force de frappe que pour l'approvisionnement en uranium de ses centrales de production d'électricité a mis en péril et de façon durable les populations algériennes et nigériennes de l'espace Saharien et au delà. Moi-même témoin de l'accident du tir Béryl et auteur du livre ci-dessus en appelle au pouvoir en place pour que la question de la responsabilité de la France vis-à-vis des populations autochtones des pays touchés par l'irradiation de ces vastes territoires face l'objet d'un débat parlementaire qui nous engage sur des réparations dues aux victimes d'aujourd'hui et de demain.

Un tel débat devra éclairer les français sur les risques auxquels ils sont exposés avec l'exploitation du parc des centrales nucléaires et des mesures de sauvegarde censées les protéger. Il est urgent d'ouvrir enfin un tel débat!

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