Banques,le silence est d'or

Le client d'une banque où il a placé ses économies de précaution doit s'interroger sur la solidité financière de son établissement. Pour peu qu'il possède quelques actions des grandes valeurs du CAC 40,il ne peut que constater l'effondrement depuis le 1er janvier du cours de bourse des valeurs financières.Pour Bnpparibas la baisse est de 40%, Crédit agricole 42% ,HSBC 52% Société Générale 63% et pour l'assureur AXA36%. D'autres valeurs fleurons de la bourse avant la crise connaissent la même chute de leurs cours, pétrolières en tête. Pour ces dernières l'explication est la chute des cours du brut conséquence de la baisse des consommations dans les pays industrialisés,mais rien n'est perdu pour autant car il est attendu que les cours du brut remontent avec la reprise.En outre,les compagnies pétrolières sont riches de leurs gisements de pétrole et de gaz naturel, leur or noir.

L'appauvrissement des banques peut-être considéré comme durable car elles ne disposent pratiquement plus de fonds propres et d'actifs à vendre pour alimenter leur trésorerie. Cette fragilité du système financier français ne s'explique pas seulement par l'impact de la crise économique engendrée par le coronavirus ,car la Société Générale en premier ne s'est pas redressée après l'affaire Kerviel et Bnpparibas fait l'objet d'un nouveau contentieux avec la justice américaine alors qu'en 2015 elle a été condamnée par cette dernière à régler une amende record de 9 milliards de dollars. Pour survivre,nos banques ont besoin d'un flot de liquidités que leur assure pour le moment la banque centrale européenne (BCE), ce qui ne fait que grossir leur endettement,situation d'autant plus préoccupante qu'elles devront faire face de plus en plus au fil du temps de crise à une masse de créances douteuses.Le soutien de la BCE au système bancaire a pour objectif de lui permettre de prêter pour investir dans l'économie réelle.Les résultats de cette politique ne sont pas attendus avant plusieurs années et doivent tenir compte de la baisse du produit intérieur brut (PIB) de 11% en 2020 pour la France,tandis que les prévisions pour retrouver le niveau de PIB d'avant crise fixent un délai de 1 à 2 ans.La question est donc de savoir si la BCE va pouvoir continuer à inonder de liquidités les banques françaises en faisant appel à la planche à billets c'est à dire à un endettement sans limite, ce qui est une perspective qui pourrait engendrer à terme l'effondrement de nos économies.

Alors que nous pourrions nous attendre à une réponse des banques pour tenter de rassurer leur clientèle,leur silence est d'or. Le regard des épargnants se tourne alors vers le chef de l'Etat ou du moins le gouvernement pour leur donner des assurances sur la capacité des banques à faire face à leurs obligations, mais la loi du silence est de règle pour le pouvoir alors que le locataire de l'Elysée a d'autres préoccupations pour redresser son image et son indice de popularité en haussant le ton sur tous les fronts de sa politique étrangère avec le succès que l'on sait. Décidément, la clientèle des banques peut continuer à s'alarmer alors qu'elle doit savoir que toute faillite de l'une de ces banques entraînerait celle de toutes les autres. 

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