Angleterre, loin des yeux loin du cœur

Angleterre c'est le nom c'est le nom de la grande île britannique lu dans mon premier livre de géographie. En 1943 lorsque enfant penché avec mon père sur notre vieux poste TSF à lampes nous écoutions les messages codés de Pierre Dac, il n'était question que des anglais qui viendraient nous délivrer de l'occupation allemande. À la sortie de la guerre, lorsque les voitures de touristes de nos amis britanniques traversaient la France à la conquête du soleil, nous lisons GB pour Grande Bretagne sur leurs plaques minéralogiques. Aujourd'hui, au moment où l'Angleterre quitté l'union Européenne, oubliés Angleterre et Grande Bretagne au bénéfice du Royaume-Uni.

En 2016, la population du Royaume-Uni s'est prononcée par voix référendaire et de façon irrévocable pour quitter l'union Européenne après avoir longuement milité pour la rejoindre en 1973. Faut-il penser que les anglais avaient déjà un pied dedans et un pied dehors car ils avaient su conserver la pierre angulaire de leur illustre passé la livre sterling et que la dame de fer Margaret Thatcher, Premier ministre de 1979 à 1990 n'avait cessé de réclamer son argent avec sa fameuse expression (I want my money back) au nom de ce grand principe hérité de ce fondement de leur politique étrangère au 19ème siècle à savoir "l'Angleterre n'a ni amis ni ennemis permanents, elle n'a que des intérêts permanents"?

Pour nous français c'est oublier que les anglais sont venus deux fois à notre secours, en 1914.18 contre l'empire Germanique avec en particulier de lourdes pertes dans la bataille de la Somme en 1916, l'affrontement le plus meurtrier de la Grande Guerre, et de 1940 à 1941 pour résister à l'offensive des troupes nazies du Reich illustrée par la Bataille d'Angleterre avant de fournir un lourd contingent dans la bataille de Normandie en 1944.

Bien sûr ce vingtième siècle fut l'époque où avec de Gaulle ou sans de Gaulle, l'Angleterre trouvait en la France son plus fidèle allié pour revendiquer sa place en Europe. Aujourd'hui, elle ne trouve plus son intérêt dans cette union Européenne à 28 participants et avec le brexit la quitte avec grand fracas au prix d'une dure négociation jusqu'à la dernière heure, démontrant encore tout son savoir-faire pour défendre son avantage.

Si pour le Royaume-Uni s'ouvre un vent de liberté commerciale loin des contraintes réglementaires de l'union Européenne pour tirer profit de la concurrence mondiale avec l'ouverture de ports-frans, les conséquences du Brexit pour la France sont tout autres. Grande puissance, elle se trouve de nouveau seule face à l'Allemagne qui l'emporte économiquement et largement sur elle. Si la réconciliation de nos deux peuples a été la grande victoire de l'après guerre pour l'Europe, elle est aujourd'hui menacée par des forces centrifuges qui renouent avec un lourd passé. D'élection partielle en élection partielle, nous assistons à la percée de ce parti pro-nazis Alernative für Deutschland, alors qu'en France notre unité est menacée par la montée en puissance de l'ancien parti Front National de Jean-Marie Le Pen dont sa fille et sa petite-fille n'ont fait qu'hériter. Comment ne pas oublier que Jean-Marie Le Pen porta haut et fort ce terrible jugement sur la solution finale en ces termes, les chambres à gaz "détail de l'histoire"! Oui l'Allemagne d'alternative für Deutschland fait peur comme l'ancien Front National de le Pen.

Avec la disparition consommée des partis socialiste et communiste dans notre pays, espérons que l'Angleterre de Boris Johnson ultra nationaliste, ne nous lâchera pas politiquement, se réfugiant dans le proverbe "loin des yeux loin du cœur"! 

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