La pauvreté en France

J’ai choisi de m’adresser à François Hollande, qui, pendant son quinquennat, a mis en place un plan « pauvreté ». La crise sanitaire n’a fait que mettre en évidence l’amplification d’une grande précarité, que ce soit chez les étudiants, les sans-abri, les travailleurs précaires et les petits indépendants. Je dois préciser que je ne veux pas rester sur un plan affectif et compassionnel.

Peut-on se passer de lutter contre la pauvreté aujourd’hui en France ?

D’abord, je me pose la question, n’est-ce pas indispensable de lutter contre la pauvreté ? J’ai la certitude qu’il faut mettre au premier plan la question de la valeur d’une vie, quelles que soient ses origines sociologiques, géographiques et culturelles. Nul ne peut être réduit à survivre. En effet, le simple fait d’être né devrait supposer le droit à se nourrir, se loger, se chauffer, être éduqué et soigné et disposer du même capital culturel. Et puis, sous prétexte de ne pas être fortuné, doit-on considérer comme non essentiel la nécessité d’avoir accès aux plaisirs de la vie ?

La production économique ne devrait-elle pas être davantage au service des êtres vivants et non l’inverse ? L’entreprise est là pour produire des objets de consommation, mais elle est aussi conçue pour donner du travail et des moyens décents de vie à tous ceux qui participent. Car même dans une économie libérale comme la nôtre, les entreprises ont besoin d’acheteurs. En rendant les plus modestes moins pauvres, on leur permettrait de consommer davantage de produits de première nécessité plus souvent fabriqués localement.

Il est essentiel que tout citoyen participe à la vie de la société, se sente impliqué et respecté. La pauvreté et la précarité entraînent de la frustration et de la colère provoquant de l’insécurité, éventuellement de la délinquance et un climat social conflictuel. La pauvreté désigne aussi, pour moi, un sentiment d’exclusion sociale.

C’est pourquoi, je demande à Mr Hollande : comment faudrait-il faire ? Évidemment, il existe de nombreuses associations animées par des bénévoles investis et dévoués qui permettent aux plus démunis de ne pas sombrer dans la misère en partageant leur détresse. Ces actions sont indispensables mais ne peuvent pas être des solutions durables. Avec une devise de la France telle que « Liberté, Égalité, Fraternité », on ne peut pas se contenter de charité.

Ne faudrait-il pas également revoir l’échelle des salaires car, pour que tout le monde ait un salaire décent, cela implique probablement de procéder à une meilleure répartition des richesses ?

Le revenu universel que propose Benoît Hamon ne pourrait-il pas être un bon début ?

Néanmoins, il existe d’autres façons pour être moins pauvre, le revenu n’étant pas le seul critère de pauvreté. Il y a l’accès à la santé avec une Sécurité Sociale qui mérite d’être plus développée. En effet, les plus modestes n’ont toujours pas les moyens de souscrire à une mutuelle. En ce qui concerne l’éducation, la crise sanitaire a mis en évidence l’inégalité des chances concernant les étudiants et les élèves du secondaire. Est-ce normal que les étudiants les plus modestes soient contraints de travailler pour pouvoir suivre leurs études ? Si l’argument est de découvrir le monde professionnel, alors ne peut-on pas imaginer des stages imposés à tout le monde ? En plus de la culture, l’accès aux transports en commun reste encore limité, alors que ces modes de transports ont des vertus écologiques. Cela montre au combien qu’il est nécessaire de davantage développer les services publics !

Ce projet est-il compatible avec la société dans laquelle on vit ? Mr Hollande, si c’était à refaire, que feriez-vous ?

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