Grand débat national : quelques passe-plats visibles

Remarque sur les débats avec les élus. Certaines interventions paraissant téléphonées, il conviendrait de se demander si ce n'est pas une vaste opération de com' centrée sur la personne du président qui s'est mise en place.

J'ai regardé un moment la retransmission du débat à Souillac dans le Lot. J'ai fait un bond en écoutant une élue car son discours était tellement formaté "nouveau monde" que j'ai pensé que c'était du second degré. Je me suis dit que dans le registre passe-plat, les ficelles étaient bien grosses. Vérification faite via l'auxiliaire de recherches, c'est une militante du mouvement En Marche et ancienne candidate aux élections sénatoriales qui s'exprimait.

Certes en démocratie, il faut penser à ménager le pluralisme des sensibilités politiques ; mais alors que le pays traverse une crise, certains discours sont d'autant plus décalés pour ne pas dire déplacés en ce moment.

J'ai regardé par bribes le marathon dans l'Eure et m'étais déjà interrogé sur l’ordonnancement des thématiques abordées par les élus. J'ai par ailleurs observé comment les médias ont rendu compte de la performance d'E. Macron. Certains éditocrates sont allés jusqu'à trouver formidable qu'il ait tombé la veste.

Un débat avec les élus pouvant par ailleurs présenter des accents de sincérité, n'est-il pas en train de virer à l'exercice de communication ? Écrivant cela, je pose en fait une question qui n'en est pas une.


edit : L'auxiliaire de recherches (mots-clés : questions préparées, élus, Emmanuel Macron) conduit à un article sur le site de RTL. Est cité l'hebdomadaire Le Point qui fait état de questions "préparées" qui ont été confiées à des élus lors de la réunion dans l'Eure :

Des "maires coordinateurs" ont même été désignés pour "préparer en amont deux questions et les attribuer à deux de leurs collègues dont les noms seraient donnés à l’avance aux préfets", selon le journal Le Point. L’un d’entre eux, Alain Lenormand, vice-président de la communauté urbaine d'Alençon s’est ainsi vu réclamer "une question en lien avec les 'gilets jaunes'". Un autre, qui a croisé le chemin de notre reporter Sina Mir, une question sur l’ISF. Bref, pas de quoi convaincre les élus locaux les plus réticents : "C'est un grand raout destiné à faire sa communication", persiflait l’un d’entre eux à la veille de cette rencontre.

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