LUC GUILLORY
Responsable Export dans une PMI française; promoteur d'une économie spirituelle ; blog perso : luc-guillory.com
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Billet de blog 3 juin 2020

Le gouvernement ne changera pas sauf si on l’y oblige

« le cap est bon, c’est le rythme qu’il faut changer ». Cette déclaration du premier ministre Edouard Philippe à propos de « l’hôpital » s’affichait en bandeau du journal du soir de BFM TV au début de la semaine passée, journal consacré (comme chaque jour) à la crise du covid-19.

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Autrement dit, les promesses du président que des jours meilleurs viendraient, que la crise avait fait prendre conscience de la nécessité de changer les choses, etc, tout cela est déjà passé à la trappe semble-t-il, maintenant que se dé, samorçe cette crise dans sa phase la plus aigüe.

Le manque d’équipements et de moyens, la gestion en flux tendus comme s’il s’agissait d’usines de fabrication automobile, l’épuisement des personnels et la mise en danger de leur vie du fait de l’impréparation et du sous-équipement en protections, tout cela est balayé.

Finis les applaudissements à 20h, et pas le droit de manifester en grand nombre pour cause de risque sanitaire…pour ceux qui, comme ces personnels, ont risqué leur vie pendant cette crise, la pilule risque d’être amère.

On va « maintenir le cap »…. Lequel ?

Celui qui a fait qu’en dix ans on a fermé des établissements hospitaliers dans le pays, qu’on a supprimé 20.000 lits (source : Les Economistes Atterrés), réduisant ainsi nos capacités à répondre aux besoins de santé des Français ?

En l’an 2000, l’OMS avait classé le système de santé français au premier rang mondial. Aujourd’hui, nous apparaissons à peine dans les dix premiers européens.

Nous avons une superstructure technocratique gargantuesque, qui inclue les ARS (agences régionales de santé), la Direction générale de la Santé, la Santé Publique France, la Haute Autorité de Santé, l’Agence Nationale Sanitaire, l’Alliance Nationale pour les Sciences de la Vie et de la Santé, le Centre National de Recherche Scientifique en Virologie Moléculaire,… reprendre sa respiration ici… ; l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et de la Santé, etc etc etc.. ; et bientôt le Haut Commissariat de Lutte contre les Epidémies, le Haut Conseil de Veille Sanitaire…. Mais pas assez de masques, de vêtements de protection, de lits….

Alors quel cap ?

Celui qui organise le transfert de toutes les données de santé nationale à Microsoft (il va être content Bill Gates) ? Les milliardaires lorgnent sur les systèmes de santé pour en contrôler les informations. On va offrir les nôtres à Mr Gates, Jeff Bezos se charge de faire main basse sur celles du NHS, en Grande Bretagne. C’est une stratégie, avec un objectif. Qui n’est pas l’intérêt commun.

Lorsque le premier ministre indien Mr Modi a décrété récemment la fin de l’argent liquide, Microsoft était déjà prêt à proposer ses services, ses logiciels…. Alors, préméditation et connivence, ou incroyable  hasard de circonstance ?

Les géants n’ont pas de limite dans leurs ambitions conquérantes. Doit-on pour autant leur sauter dans les bras volontairement ?

La journaliste Natacha Polony (qu’on peut difficilement soupçonner d’être une dangereuse gauchiste échevelée) a publié récemment sur Facebook un message :

« Les experts-médecins des conseils scientifiques chargés d’éclairer Emmanuel Macron pendant la crise du coronavirus ont touché 450.000 euros des firmes pharmaceutiques ces cinq dernières années. Faut-il s’inquiéter pour leur indépendance ? Marianne a mené l’enquête. Gilead, MSD, Johnsons & Johnson, GSK… les labos pharmaceutiques chouchoutent les experts-médecins ? ».
Tiens, Gilead, n’est-ce pas justement le laboratoire qui planchait dur sur un vaccin contre le covid-19 ? N’a-t-on pas vu ces « experts-médecins » être vent-debout contre le traitement à base de chloroquine ?

Mais, objecterez-vous, le journal scientifique très sérieux The Lancet vient de publier une étude aux conclusions très négatives pour la chloroquine. Oui, mais immédiatement cette publication a déclenché un raz-de-marée de protestations parmi le corps médical. Ce qui a déjà abouti à quelques ‘corrections’ de la part du Lancet.


Mais au fait, qui sont les actionnaires du Lancet ?

The Lancet, propriété d’un groupe Elsevier B.V, lui-même filiale de la multinationale néerlando-britanique RELX Group. Qui sont les principaux actionnaires de RELX Group :

BlackRock Investment Management

6,72%

Invesco Asset Management

4,22%

Legal & General Investment Management

3,45%

Lindsell Trai

3,11%

BlackRock Fund Advisors

2,49%

The Vanguard Group

2,45%

Invesco Canada

1,71%

Artisan Partners

1,42%

Lazard Asset Management

1,30%

Blackrock…. Ce fond d’investissement qui gère 6.000 milliards de dollars d’actifs (et Vanguard c’est 3.000 milliards de dollars d’actifs), qui est venu, par le biais de son directeur général France, ‘conseiller’ Emmanuel Macron sur la réforme des retraites (adoptée en premier lieu par l’usage du 49.3 en plein début de crise du covid) ; ce fond que l’on retrouve maintenant pour conseiller la Commission européenne sur le ‘verdissement’ de la finance !!.

Le Conseil de l’Europe lui-même n’a-t-il pas reproché au président Macron d’être trop près des lobbys ?

Le moins qu’on puisse dire est que le monde « d’après » ne semble pas devoir être très différent du monde « d’avant » :

Le président veut maintenant réfléchir à transformer l’économie. Il crée pour cela une « commission d’experts sur les grands défis économiques » pour le conseiller (décidément, il aime les comités d’experts !) pour les orientations économiques futures.

Mais qui nomme-t-il à la tête de ce comité : Jean Tirole, un pur produit du libéralisme, accompagné d’un « néo-keynésien » (un libéral quoi) qui a été chef économiste  au FMI de 2008 à 2015, monsieur Blanchard. La référence du FMI est à elle seule révélatrice, on n’est pas chef économiste au FMI en étant considéré comme un dangereux marxiste.

C’est un choix d’experts très orienté. Il n’a pas demandé à Thomas Piketty, ou Joseph Stiglitz, par exemple, de piloter ce programme.

Alors on imagine aisément la philosophie qui pourra animer cette commission et on anticipe ses conclusions. Que dira le président alors ?

« Je n’y peux rien ce sont les experts qui ont dit que… » ??

Drôle de leardership politique… Notre président et son premier ministre semblent très ‘formatés’, leur logiciel est établi. Ils ne changeront probablement pas, à moins qu’on ne les y oblige. .

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