Nous sommes la génération doublement sacrifiée: le besoin d'Ecologie Sociale

«Peur du lendemain, par la faim, et peur des lendemains, les nôtres, pour notre avenir». Discours sur notre jeunesse et sur la nécessité de s'emparer de notre résilience.

Nous sommes la génération doublement sacrifiée.

Ce 19 mars, nous avons marché. Et aujourd'hui, nous paraderons de nouveau. Nous, la jeunesse, pour notre avenir. Pour notre Résilience, commune mais diverse.

Notre génération est aujourd'hui dévastée. Dans la 6e puissance économique mondiale, 2nde à l'échelle européenne, et dans une des Unions les plus abouties, les files alimentaires s'allongent, l'angoisse du lendemain s'épanouit, l'isolement et l'exclusion sociale sévissent.

Peur du lendemain, par la faim, et peur des lendemains, les nôtres, pour notre avenir.

Nous, la jeunesse mobilisée, avons la démonstration même que ce ne sont pas les hauts-revenus d'un pays qui prouvent son efficacité sur le plan social et environnemental, mais bien la redistribution de ces revenus. Nous sommes les habitant-es d'un pays riche, mais si peu solidairement humain envers ses enfants, si divers que nous sommes. Pensons à nos frères et sœurs étudiant-es étrangér-ères qui doivent dorénavant payer leurs frais d'inscription, qui connaissent une violence administrative et légale que nous expérimentons déjà lorsque nous recherchons de l'aide ou des ressources. Pensons aux peuples-frères, qui, confrontés aux ravages climatiques et environnementaux seront condamnés très prochainement à la peine capital qu'est l'Exil.  Souvenons-nous de nos adelphes qui ont déjà dû subir ce supplice dans les zones de guerre et de crises perpétuelles gérées en sous-main par l'Occident et l'Argent, les Dictateurs et les violents.

Souvenons-nous de cette année qui nous a été volée, broyée, par des logiques capitalistes, libérales et individualistes, alors que cette pandémie venait de prouver les limites biologiques, écologiques et sociales de ce système.

C'est dorénavant à nous d'investir les espaces, d'élever la voix. Soyons sur tous les fronts. Pour un avenir écologique et social -- voire écosocialiste.

Nous sommes une génération doublement sacrifiée. Sur le plan social et écologique.

Nos aïeux nous ont emprunté les terres sur lesquelles nous vivons aujourd'hui. Regardez ce que leurs dirigeants en ont fait. Regardez ce que les puissants en font encore aujourd'hui. Nous, nous le savons: le Vivant ne nous appartiens pas. Mais son avenir qui est aussi le nôtre, nous le contrôlons.

Luttons pour réformer le pouvoir. Dans le même temps luttons pour créer une alternatives aux institutions sourdes.

A la fois rebâtissons notre République Sociale et faisons d'elle l'aboutissement Écologique et Démocratique auquel nous aspirons, et dans le même temps soutenons les initiatives autogestionnaires et écologistes: Z.A.D., occupations de terres, appels des collectifs et syndicats blocages, grèves...

Imposons-nous. La convergence, c'est nous.

Souvenons-nous de nos luttes. Nous avançons. N'oublions pas de mobiliser tous les moyens qui sont à notre portée: diversité des tactiques, recours au droit de vote, actions démonstratives, révolte...

Ne laissons pas ces incapables mener le Vivant vers l'écocide total.

Vive la lutte, le commun, la jeunesse et le Vivant.

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