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Billet de blog 24 janv. 2022

INDIGNES!

Où l'on s'étonne des conseils du Conseil Scientifique adressés aux journalistes.

Lucciolina citoyenne intriguée
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Messieurs les gouvernants, messieurs les représentants du conseil scientifique, vous l’avez un peu courte, voulez-vous que je vous la rafraîchisse ?

La mémoire.

Il y a un an peu ou prou était lancée, en France, la campagne de vaccination. A cette époque, déjà lointaine, nous avions libre choix, nous simples citoyens alors tous à la même enseigne - il n’y avait à cette époque ni sous ni sur citoyens - nous tous, simples citoyens, avions libre choix d’opter ou non pour la vaccination. Nous étions en terrain connu, nos parents l’avaient fait avant nous pour nous et nous –mêmes pour nos enfants pour tous les vaccins recommandés (devenus, tiens !, obligatoires en 2018). Une fois ce premier choix fait, si l’on avait opté pour la vaccination, nous avions - oh surprise ! oh inédit ! - libre choix du vaccin : Pfizer, Moderna, Astrazeneca, Janssen, faites vos jeux, mesdames et messieurs faites vos jeux… depuis l’étau s’est resserré Pfizer ? Moderna ? Faites vos jeux, mesdames et messieurs faites vos jeux…

Or, qui, à part les médecins - et encore pas tous ! - qui à part les biologistes, les vétérinaires peut-être, bref, qui à part les scientifiques dirons-nous, est capable de comprendre la différence entre Pfizer et AstraZeneca, entre Moderna et Janssen. On nous a “offert“- quelle magnanimité - la liberté de choix entre 4 produits, que le citoyen lambda est bien incapable de différencier. Pourtant, à l’époque, les gouvernants, le conseil scientifique ont jugé le citoyen lambda, suffisamment intelligent, suffisamment éclairé, voire érudit pour faire ce choix très important et très personnel. Et l’ont laissé vaille que vaille face à sa solitude.

Un an plus tard, nous n’en sommes plus là, loin s’en faut. Lors même que le vaccin n’est toujours pas obligatoire, on veut emmerder, on divise la population en citoyen et sous citoyen. Et les sous citoyens stupides, cons comme des bites de non-gouvernants (pardon je suis dans le moule, je parle la langue à la mode, la langue décomplexée de notre président), ces sous citoyens stupides, cons comme des bites de non-gouvernants, disai-je, sont obtus, incapables de comprendre l’intérêt du vaccin non obligatoire. Haro sur les non- vaccinés Ces pelés, ces galeux, d'où viendrait tout le mal“*. Cette toute petite minorité réfractaire, réfractaire à la pensée unique, doit être mise au pas tel un irréductible village.

Mais ce n’est pas tout ! Le conseil scientifique en ce joyeux début d’année pousse plus loin et s’inquiète de l’incapacité des françaises et des français, toutes pleuplades confondues, les sous et les pas-sous citoyens, à séparer le bon grain de l’ivraie parmi les informations contradictoires, parfois erronées osons le mot, diffusées sur certains plateaux télé ou radio. Et, après les avoir chaudement remerciés pour leur travail de relais de l’information depuis le début de la pandémie, comprenons bien leur travail de relais de l’information pro gouvernementale largement diffusée sur toutes les chaines, recommande aux journalistes Ethique et Réflexion … : Méfiance, messieurs les journalistes, méfiance, en un an la population s’est fortement abrutie. Elle que l’on estimait capable, il y a un an, de choisir un vaccin parmi 4, on la soupçonne aujourd’hui de ne pas avoir assez de jugeote pour se faire sa propre opinion quand elle regarde une émission de télé. Elle ne saurait trier dans la parole des journalistes et celles de leurs invités, incapable qu’elle est, on le sait , de faire la part des choses.

Et devant nos yeux, nos oreilles abasourdis, vous vous proposez, cher conseil scientifique, d’orienter le travail des journalistes, vous leur suggérez d’inviter les bons scientifiques pour éviter des “dérives manifestes" qui “relaient des points de vue douteux“  et vous faites appel à la responsabilité collective des sachants (professionnels de santé, journalistes, scientifiques). On le sait, on l’a vu, on l’a expérimenté, la responsabilité collective de la population entière, vous ne vous êtes pas risqués à la mettre à l’épreuve, vous n’en avez rien à battre (pardon je suis dans le moule, je parle la langue à la mode, la langue décomplexée de notre président).

Vous ne faites pas confiance à la capacité d’analyse de tout un chacun et pour asseoir votre pouvoir, vous voulez mettre votre main à l’édifice de la pensée unique ! Merci Merci, on n’en demandait pas tant !

Mais cher Conseil scientifique de mes deux (pardon je suis dans le moule, je parle la langue à la mode, la langue décomplexée de notre président) N’avez vous pas conscience, de l’effort intellectuel que nous fournissons depuis deux ans pour digérer vos propres informations contradictoires et celles de nos gouvernants, de semaine en semaine, mois après mois. Ne soupçonnez vous pas quelle énergie, quelle concentration, il nous faut pour ne pas sombrer dans la folie ou la paranoïa.

Pitié, pitié cher Conseil scientifique, pitié messieurs les gouvernants, ne pourriez vous pas, après presque deux ans de maltraitance collective, nous faire un peu confiance, à nous peuplade de France. Nous ne sommes pas moins intelligents que l’an passé ou qu’il y a deux ans. Au contraire. Et cette gymnastique incessante de la pensée nécessaire pour décrypter les injonctions contradictoires (masques inutiles, voir nuisibles devenus nécessaires puis obligatoires, pass sanitaire que jamais, au grand jamais on ne mettra en place pour ne pas diviser les français…, tests valables trois jours puis du jour au lendemain 24 h, et je passe sous silence le faux choix du vaccin), cette gymnastique incessante, dis-je, a aiguisé notre faculté d’analyse des événements et rassurez-vous nous ne tomberons pas dans le piège de la pensée unique.

Il n’est qu’une chose sur laquelle vous n’êtes jamais revenus : la vaccination : vous maintenez, quoi qu’il en coute, la vaccination non obligatoire tout en affirmant vouloir emmerder les non vaccinés. N’est-ce pas vouloir le beurre et l’argent du beurre et peut-être bientôt le cul de la crémière ?

On aura saisi le message : quand on veut le beurre, l’argent du beurre, et le cul de la crémière, il y a dérive manifeste, point de vue douteux, bref, on n’est pas loin d’être un despote.

* les animaux malades de la peste - Lafontaine

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