Lucien Atencia

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Billet de blog 23 septembre 2022

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Y aurait-il un loup ?

La logique aurait voulu que les deux initiatives du 29 septembre et du 16 octobre soient conçues et préparées en complémentarité l’une de l’autre.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Le jeudi 22 septembre, Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, dans la deuxième partie de l'interview qu'il a donnée à LCI (1) a opposé le 16 octobre, jour de la marche sur Paris organisée par la Nupés au 29 septembre, journée d'action des organisations syndicales. Pourquoi cette précipitation alors que les syndicats à l'initiative du 29 septembre avaient annoncé qu’ils attendraient de voir ce que donnerait leur propre initiative avant de répondre à la Nupes pour le 16 octobre et qu’ils avaient précisé qu'ils le feraient le 4 octobre ?

A plusieurs reprises, j’ai écrit que ce point de vue était à leur honneur. Il signifiait aussi qu’il n’y avait pas d'opposition de principe à leur participation à la marche sur Paris. Or ce jeudi matin, Philippe Martinez a avancé, avant la réunion du 4 octobre avec ses partenaires, pour dire que la CGT n'en serait pas, une série d’arguments à mes yeux plus déroutants les uns que les autres.

Ainsi, il trouve aujourd’hui que la plateforme du16 octobre -la vie chère et le réchauffement climatique- n’est pas assez précise. Que ne propose-t-il d’en améliorer les formulations ? Il reproche à la Nupes  d’avoir ajouté le dérèglement climatique pour concerner plus de monde, c’est à dire ce que font les syndicats en permanence. Il n’y a qu’à lire la plateforme revendicative du 29 septembre pour s’en convaincre.

Est aussi reproché au 16 octobre d'être un dimanche et de ne pas permettre la grève. Mais personne ne proposant d’annuler le 29 septembre, un jour de semaine qui permettra donc de recourir à la grève, ce qui sera très observé, d’abord par le gouvernement.

Philippe Martinez estime aussi que monter à Paris quand on réside dans le sud est un gros inconvénient. Il a été surmonté à maintes reprises dans le passé par la CGT et d’autres syndicats organisateurs du 29 septembre, le mien en particulier, la FSU. 

Enfin, le secrétaire de la CGT laisse entendre que les  partis politiques voudraient dicter leur conduite aux syndicats. Accusation très grave qui, si elle était fondée, aurait dû conduire ces derniers à dire « non » depuis des semaines au lieu de dire « peut-être ».

Tout le monde aurait compris. Il y a donc un loup.

La logique aurait voulu que les deux initiatives soient conçues et préparées en complémentarité l’une de l’autre. La première avec des grèves dans les entreprises sur des mots d’ordres très sensibles pour les salariés. La seconde, un dimanche, pour permettre aux familles et à la jeunesse de rejoindre le monde du travail sur deux grandes préoccupations partagées par les unes et l’autre. Et un dimanche sur Paris comme l’ont fait tant de fois les gilets jaunes.

Pourquoi une argumentation aussi peu convaincante alors que la première partie de l’interview était excellente ? Pourquoi brandir artificiellement une opposition en prenant le risque d’affaiblir le 29 septembre et le 16 octobre, alors que la situation est si difficile pour tant de concitoyens en cette rentrée et que le gouvernement de M. Macron annonce qu’il va repousser à 64 ans l’âge donnant droit à la retraite et une cure d’austérité d’une ampleur inédite ?

Chercherait-on par avance des boucs-émissaires à une mobilisation syndicale qui ne serait pas au niveau des espérances ?

 Il est encore possible de remettre les choses à l’endroit en misant sur l’unité d’action.

(1) Ici le lien qui renvoie sur l'interview de Philippe Martinez : https://www.youtube.com/watch?v=GL48BKGicqQ

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